Pour se mettre en appétit, une épopée montréalaise d'un p'tit bout de laine rose et crème...
J'ai une mitaine. Elle a une jumelle, et même un soeur tuque. L'une ne va pas sans l'autre, c'est un principe fondamental de leur vie. Et de la nôtre.
Un jour, je dépose innocemment et sans me douter du mal que je ferais mes deux mitaines de laine à mes pieds dans l'auto de mon copain pour malencontreusement les oublier là...
Quelques jours plus tard, de retour sur le lieu du crime, je fouille sous le banc du passager... Il est cependant trop tard, la fatalité s'est d'ores et déjà abattue sur les jumelles. Je n'en retrouve qu'une, esseulée, au bord du gouffre de la portière.
Je n'ai pas appelé les inspecteurs, je savais que l'autre était tombée et errait dans les rues grouillantes de malfrats de la grand'vile. J'ai voulu placarder sa photo et la faire imprimer sur les cartons de lait, mais je n'en avais pas. J'ai été réduite à photographier la survivante et inverser l'image virtuelle.
Quelques jours plus tard, alors que j'avais perdu tout espoir, je vis, au milieu de la rue devant mon appartement, la mitaine déchue! Avant qu'une cruelle automobile ne l'écrase d'un roulement de pneu d'hiver, je me précipitai sur cette asphalte invitant la mort et recueilli la disparue-et-retrouvée. Afin de me déculpabiliser, je lui promis de faire instaurer au moyen d'une pétition des panneaux pour sensibiliser les abjectes conducteurs: Attention à nos mitaines, ce pourrait être... la vôtre!
Trêve de divagations, voici une touche un tantinet plus sérieuse à ce message. Nous, humains, avec nos grands coeurs, avons tendance à prêter vie à l'inanimé. Comme moi et ma mitaine, bien que j'aie exagéré, ne vous en déplaise. Ce mécanisme se décline de manière souvent différente chez les hommes et chez les femmes. Du côté féminin, comme je viens de le prouver, il se manifeste chez des objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne, auxquels nous devenons peu à peu attachées. Moufles, peluches, breloques. Chez les hommes, surtout les «vrais de vrais mâles», on observe la capacité à prêter des intentions au non-vivant, consciemment ou non, volontairement ou non. Le gars qui cherche comment accéder à une rue et qui voit ça comme un défi que la ville lui lance. Dans ce cas, c'est que comique, j'ai bien ri! Par contre, y'a aussi d'autres styles, comme celui qui peste pendant des heures contre la météo. Expliquez-moi comment on peut éprouver autant de rancoeur envers le vent! Faut bien rire...

3 commentaires:
Haha! La fin est bitch pour le JP d'Amérique! Mais c'était une belle histoire de mitaines (ça me fait penser à la chanson de Tricot Machine!)
Quant à moi, je recherche toujours ma clé de cadenas de vélo mystérieusement disparue depuis la St-Jean 2007... je n'y crois plus tellement!
Oupelaï! Je n'avais même pas lu le post du JP!!! Je ne parlais pas de lui!
Et dis-toi qu'au moins, tu ne devais pas être tellement attachée à ton cadena! Maigre consolation!
Haha! Le hasard est fort alors!
Pour le cadenas, non, c'est vrai, je n'y étais pas attachée. Mais le vélo oui! Bien attaché dans le locker depuis 1 an et demi ;)
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