mardi 30 octobre 2007
Le sable s'échappe
Qui glisse sur la peau.
Qui file entre les doigts.
C'est comme prendre une poignée de sable.
On sent le poids, mais alors qu'on referme son emprise, il devient impalpable.
Et s'écoule. Et s'échappe.
C'est comme essayer de ralentir un sablier.
Le vouloir très fort.
C'est comme regarder chaque minuscule grain tomber.
Ça ne se peut pas. Ça va trop vite.
Ça ne se peut pas, ça va trop vite...
Est-ce qu'on peut altérer la gravité?
J'en veux plus, de minuscules grains de sable...
Je veux les voir, les minuscules grains de sable à venir...
Ceux-là, ceux à venir, tout comme ils sont impalpables, ils se dérobent à mes yeux.
Je sens pourtant leur poids.
Le poids des innombrables minuscules grains de sable.
lundi 29 octobre 2007
Guerre de visibilité
Le Dalaï Lama a rencontré notre premier ministre.
...ok, tant mieux!
Question de redorer son blason, question d'entrer dans la vague ( d'autres surfeurs étant Merkel et Bush), peut-être même question de donner de la visibilité au porte-parole et leader spirituel des Tibétains. Et ils en ont grandement besoin.
L'article sur Cyberpresse maintenant...
Traite plus de la réaction de la Chine, puis de la réation du gouvernement conservateur face à la réaction de la Chine face à l'action du gouvernement conservateur...
Bravo, la Chine a réussi à détourner, certes boîteusement, l'attention de sur le message du Dalaï Lama...
Et je m'emporte encore une fois sur la gérance du gouvernement chinois!
Dis-moi le encore
Quelques mots...
Ou plutôt leur sens, ce qu'ils impliquent
Ça me manque
Est-ce que tu le penses encore?
Les semaines ont-elles érodé ta perception?
Tu me murmurais que tu ne te lasserais jamais de m'offrir ces mots,
que tes yeux n'oublieraient jamais de s'y attarder.
Et pourtant...
Tu ne me dis déjà plus que tu me trouves belle.
~Ferme la fenêtre~
-Suite rajoutée une heure plus tard-
Je me promène sur Fleury, question de prendre l'air. Devant un resto chic, un homme dans la trentaine d'origine latine m'accoste, une cigarette à la main. j'enlève mes écouteurs:
-Désolée, je n'ai pas de feu
-Ah mais non, ce n'est pas ça!
-air intrigué
-Qu'est-ce qu'une belle fille comme vous fait seule dans les rues le soir? (dit poliment)
-J'aime bien être seule de temps en temps (avec un sourire en coin)
-J'ai une fille plus jeune que vous, vous avez quel âge? Ah oui, quelques années de moins. Aussi belle que vous.
-Merci bien, c'est gentil... Bonne soirée!
vendredi 26 octobre 2007
Miroir, dis-moi qui est la plus belle?
Au masculin: plutôt floue, ou alors une toute autre représentation.
Mon dilemme
Anonymat intégral ou représentation de mon physique?
Nom, adresse électronique, liens minutieusement contrôlés
Est-ce que je veux pouvoir être reconnue?
Me faire accoster dans le métro: seriez-vous Lilith?
Non; peu de mon entourage (et de la communauté blogger tout court!) connait l'existence de ma tribune parce que très intime, très transparente envers moi-même... et parfois éclatée... j'acère mes premières armes, j'assume mes premières plumes
Et puis est-ce si important?
Alors que pour certains, l'identité est intrinsèquement liée à l'apparence physique: si je suis comme ceci, cela doit absolument transpirer de chacun de mes pores et être visible en un regard!
...très peu pour moi.
En créant cet espace, je ne prévoyais divulguer aucun pixel de mon physique. Aucun intérêt. Aucun pixel.
Le hic...
J'adore le théâtre.
J'adore jouer.
Je n'en ai plus eu l'occasion depuis quelques temps, et ça me manque terriblement...
Pas question que je joue devant des individus m'entourant. Individus, pas auditoire. Pas d'interaction à sens unique.
Le corps compose le message au même titre que les informations conceptuelles, linguistiques.
Je me prive donc d'un puissant média...
Tout réside en la perception, le sens octroyé.
Une main? Une mise en scène!
Des yeux? Un regard!
Le corps pas en tant qu'objet, mais plutôt en tant que canal expressif.
Les mots, les styles, le corps, la voix... Tant à explorer...
mercredi 24 octobre 2007
Mon temps
Mmm, de l'air pur... Zut, un nez congestionné...
Résultat de l'équation= Petit frère+moi plutôt à plat!
Il reprend vie, je suis soulagée de l'entendre faire le bouffon.
Réflexion du jour: pourquoi j'ai à ce point sans cesse besoin d'occuper de manière productive mon temps?
C'était pourtant logique
trois jours à pas beaucoup dormir ni se reposer+ début de rhume = multiplication des mouchoirs et des siestes!
Dormir sur la chaise longue, ensevelie sous les couvertes
Le vent sur mon visage
Ressourçante campagne
mardi 23 octobre 2007
"Salut Lilith, c'est Papa... Euh tu m'appeleras dès que tu pourras...bye"
Voix hésitante qui sait pas où se placer.
"Salut Lilith, c'est ta soeur. Papa m'a dit qu'il ne t'avait pas rejoint, alors rappelle-le ou rappelle-moi... J'te donne mes numéros de cell et au travail"
La sonnerie interpelle en vain un interlocuteur absent. À la maison familiale. Sur le cellulaire. Au travail. À la maison de ma soeur. Encore à la maison... Silence.
Je sais que quelqu'un est à l'hôpital. Qui et dans quel état...
...
...
...
Quelques instants et beaucoup de battements de coeur plus tard, ma soeur:
Frérot. Table d'opération ce matin...
-Quoi quoi quoi quoi quoi-
Maux de ventre hier, appendicite
-...-
Tout est ok, pas de complications
-ouf... relâchement des muscles...-
Mon petit frère. à moi. MON petit frère chéri...
Innombrables fous rires partage matériel et intellectuel support inconditionnel jamais un mot plus haut que l'autre plein de projets
MON petit frère...
Remonter la pente
c'est si subite
du jour au lendemain
quelques heures de douleur
une nuit à l'hôpital
soustraction d'un organe tôt ce matin
Faites le compte: 24 heures auparavant, c'était le calme plat...
Mon petit frère
dimanche 21 octobre 2007
Je les regarde regarder
En interaction. Ils tournent leurs yeux vers moi. En conversation. En parenthèse d'interaction.
Puis.
Puis.
En dehors de la parenthèse? D'autres individus.
De mes interactants les extérieuractants extractent de derrière leurs visages des traces. D'autres traces que celles qu'ils me montrent. Au mieux me laissent voir.
Game? Fake? Rétractation. Faux pas déjà commis. Je t'ai regardé les regarder.
Toutes ces personnes qui désespèrent de faire croire à un reflet d'eux-même.
Ne me cachez pas qui vous êtes. Tu es celui qui transparaît dans le regard que tu poses sur les autres quand tu te crois à l'abri.
Elle
Lilith. La femme fatale. La mère des Lili, Lulu, Loulou, Salomé. La muse de plusieurs artistes qui ont imaginé l'Art durant le dernier siècle.
Lilith. L'inspiration. La leur, la mienne.
Lilith. Mon aspiration.
Lilith. La première femme. L'égale d'Adam. Celle qui n'a pas voulu le laisser marcher sur elle. Celle qui s'est révoltée contre celui qui la restreignait à un statut inférieur. Celle qui a fui le joug.
Lilith. Celle qui a dit non à la fois à l'homme et à dieu.
Lilith. Celle qui n'existait pas à travers un autre. L'individu qui existe sans écran.
L'individu qui existe sans écran. Tout simplement.
vendredi 19 octobre 2007
Mal mal mal...
°Douleur ¬Perte ¦S’arracher le coeur ªÀ vif ¯In-Dépendance ×Douleur ¤Couper les liens ²Angoisse ³Peur ·Sanglots ¹Faiblesse ×Douleur ¼Impuissance ½Sidérée ¾Pétrifiée ¿Insoutenable ×Douleur ðTorture øAvenir ÞSuffoquer ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur ×Douleur
°Se déchirer en mille morceaux ¬Rupture ¦Amour lancinant ªÉpuisée ¯Responsabilité ×Lui ¤Chute libre ²Dans le noir ·Secouent mon corps ¹Destin ³Affronter la réalité ×Lui ¼À bout de souffle ¾Absence ½Abrupte ¿Clouée au sol ×Lui ð Chercher la force øNe pas trouver ÞPoids ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui ×Lui
Confusion.
J’ai mal.
Mon âme se transforme en supernova, mon esprit ne peut supporter la décharge de douleur et veut s’enfuir, mon corps se trouve au milieu du champ de bataille et la prend de plein fouet. Je me livre la guerre, et chacune de mes cellules tente s’arracher de la masse. Je suis à la fois en chute libre et en apesanteur.
J’ai mal.
C'était le 17 septembre.
Ce soir
Le paradis, quoi!
Quelques autres mots à saveur éthylique:
Fraîche vitalité, échanges francs, plaisirs dénués d'ambiguïté, joues rosées, se laisser porter...
mmm mon oreiller!
