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dimanche 6 janvier 2008

Mon faux silence

Allez savoir pourquoi, depuis deux semaines, je ne fais pas jouer de musique chez moi aussi souvent ( lire: dès que j'y étais) qu'à l'habitude. Je lis en silence, j'écris en silence.

En silence? Ce serait une imposture d'invoquer le silence à Montréal!

Bien sûr, il y a quelques bruits lointains de circulation, mais il était une heure de la nuit.
Bien sûr, j'habite dans une maison de 53 ans, construite des mains de mon grand-père. J'entends sa digestion, j'entends ses os craquer.

Mais à une heure de la nuit, c'était mon coeur qui faisait le plus de bruit.

Je savourais mes derniers jours de vacances. Je me prélassais sur mon douillet divan, bien emmitouflée, une légère lumière tombant de derrière mon épaule. Tisane pomme-cannelle pour me réchauffer dans une main, Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault pour me transporter dans l'autre.

Mes oreilles se remplissaient des bruits de ses mots. Tous leurs cliquetis, leurs ronronnements, leurs soupirs, leurs sanglots paisibles.

Et je me plaisais à devenir transparente et malléable, à me laisser porter par les vibrations de ces mots.

Et je m'étais à ce point incorporée à ce silence que lorsque je laissai échapper sans trop m'en apercevoir un gloussement étouffé, même pas un vrai éclat de rire, je me fis raidir moi-même d'avoir brisé cette atmosphère. Ce faux silence dans lequel je m'oubliais légèrement.

jeudi 3 janvier 2008

Expiation

Expiation ce soir.

Ouff....

J'ai réfléchi. Décortiqué. Extrapolé. Je me suis même glissée dans les chaussures de trois personnages en un court laps de temps.

J'ai ressenti le désir traverser d'un corps à l'autre, d'une âme à l'autre. Comme si j'étais tout simplement sur le chemin entre les deux. Désir refoulé, désir en éclosion, désir en explosion, désir en attente inhumaine de consommation...

J'ai été transpercée par les remords. Ceux qui dévorent de l'intérieur, qui, au lieu de s'estomper avec le sablier d'une vie, ne font que durement se concrétiser, s'envenimer, nous empoisonner. Ceux dont le venin nous ronge inlassablement. Ceux dans lesquels on reste figés, passant de gélatine à ciment, et nous d'humain à statue à moule creux.

J'ai entendu le tic-tac. Tous ces subtils fracas qui ponctuent nos journées. Qui creusent la peau. Pour ceux qui se rendent jusqu'à la peau burinée.

Expiation: Châtiment, peine imposés par lesquels on répare une faute, un crime.

Lorsque mal a été commis, les excuses ne suffisent pas.

vendredi 26 octobre 2007

Délices effrayants

Pour se faire plaisir...
www.marcseguin.com

Miroir, dis-moi qui est la plus belle?

Au féminin: le visage, les lèvres, les yeux

Au masculin: plutôt floue, ou alors une toute autre représentation.

Mon dilemme

Anonymat intégral ou représentation de mon physique?

Nom, adresse électronique, liens minutieusement contrôlés
Est-ce que je veux pouvoir être reconnue?
Me faire accoster dans le métro: seriez-vous Lilith?
Non; peu de mon entourage (et de la communauté blogger tout court!) connait l'existence de ma tribune parce que très intime, très transparente envers moi-même... et parfois éclatée... j'acère mes premières armes, j'assume mes premières plumes

Et puis est-ce si important?
Alors que pour certains, l'identité est intrinsèquement liée à l'apparence physique: si je suis comme ceci, cela doit absolument transpirer de chacun de mes pores et être visible en un regard!
...très peu pour moi.

En créant cet espace, je ne prévoyais divulguer aucun pixel de mon physique. Aucun intérêt. Aucun pixel.

Le hic...

J'adore le théâtre.

J'adore jouer.

Je n'en ai plus eu l'occasion depuis quelques temps, et ça me manque terriblement...

Pas question que je joue devant des individus m'entourant. Individus, pas auditoire. Pas d'interaction à sens unique.

Le corps compose le message au même titre que les informations conceptuelles, linguistiques.

Je me prive donc d'un puissant média...


Tout réside en la perception, le sens octroyé.

Une main? Une mise en scène!

Des yeux? Un regard!

Le corps pas en tant qu'objet, mais plutôt en tant que canal expressif.

Les mots, les styles, le corps, la voix... Tant à explorer...