mercredi 26 mars 2008

Choisir ses pleurs

­­~Écrit dans mon cahier, sur un coin de lit, entre deux soubresauts, il y a déjà quelques jours. Quoique épars et vaporeux, sorti comme tel.~


Des larmes en condensé. Celles qu'on extraie de peine et de misère des abîmes de son cœur. Celles qui portent tout ce qui me reste d'espoir de me vider de la peine. Que mon chagrin s'écoule dans ces eaux salines. Mais elles semblent infinies. Et si je me noyais dans mes larmes? Un océan. Pas un néant. Le néant. Il faut de la matière pour qu'il y ait des remous. Il faut une infinité de gouttes pour que se forme un raz-de-marée.

Mes larmes arrachées. Celles qu'on expulse par convulsion. Pour exorciser la douleur de la perte. Comme si, une fois toutes les larmes de son âme versées, on aurait épuisé son chagrin. Pourtant. Des larmes comme autant de lames qui lacèrent. Jusqu'à ce que, de ce gribouillis chaotique de cicatrices à vif, on ne distingue plus leur origine, leurs auteurs, leurs motifs.



Je les attends encore. Les larmes chaudes. lentes. calmes. Celles qui vont couler doucement sur mes joues. incessament. un instant. Qui sonneront le glas.

Des pleurs plein les mains. Que je voudrais encore laisser couler. Dont je voudrais me débarasser.

Je cherche à tâtons comment vivre ma peine. Encore cette langueur qui me colle à la peau, infusée dans mon sang.

vendredi 14 mars 2008

Perdre le sens

Dans ma tête, des mots défilent.

Il y avait mes mots préférés.
Ceux qui portent en leurs symboles des bribes de mémoire.
Eux qui ont déjà rimé avec vivacité, douceur ou réconfort, ils sont devenus trop lourds de sens. Leurs liens avec le passé me tiraient vers des sentiments révolus chaque fois qu'ils traversaient mon esprit.
Puis, au fur et à mesure que les horloges égrenaient leurs tic-tac, ces mots rattachés à lui pâlissent, perdent leur sens. Ils ne me projettent plus subitement dans des vestiges. De plus en plus blafards, les liens s'amenuisent. Leur emprise s'affaiblit de sorte qu'ils peuvent maintenant seulement effleurer mes pensées sans les accabler. Et c'est alors que s'esquisse, de temps à autres, un vague sourire, mû par des reliques d'un nous.

Calme ou vide des mots, quoi qu'il soit, il apaise.
Puisse la langueur, qui ralentit mes mouvements, ainsi s'estomper.

jeudi 13 mars 2008

Deux personnes qui s'aiment

Même si le commentaire de My a été supprimé, je vais tenter d'y répondre. La remarque soulignait l'absurdité de mettre fin à une relation lorsque les deux individus s'aiment encore.

Tout d'abord, l'incompréhension est due au collage de ton propre schème cognitif de l'amour sur une situation qui ne sort pas tout droit de ta vie. Qui ressemble à: si deux personnes s'aiment, il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas.
Ce qui mène au fait que je crois, et lui aussi de toute évidence, qu'il faut plus que de l'amour pour qu'une relation soit harmonieuse et constructive. Ce que j'explique par le fait que, encore d'après moi, un individu est mu par beaucoup plus qu'un sentiment amoureux. Un individu est un enchevêtrement complexe et infini de désirs, de rêves et de possibilités. Il peut donc ressentir des émotions contradictoires, ou, du moins, qui peuvent progressivement diverger dans leurs directions.

Par ailleurs, je suis très heureuse que la relation se soit terminée sur d'aussi bonnes notes, j'en garderai de très doux souvenirs.

Je ne vais pas expliquer le pourquoi du comment de la rupture, j'en ai à peine parlé jusqu'à maintenant à deux amis seulement, alors pour le moment, je garde tout ça pour moi...

mardi 11 mars 2008

L'effacer

Partout
sur ma peau.
Toutes ces traces de lui

Ses voluptueuses caresses, ses tendres baisers, ses fermes étreintes

Toutes ces traces de lui
Partout sur ma peau.


Qu'elles s'effacent, qu'elles disparaissent
Que je puisse m'en défaire
Que je puisse oublier

De la lourdeur plein les mouvements, j'ai frotté chaque parcelle de ma peau. Comme si, en la sablant, j'allais extirper tous ces sublimes souvenirs, qui lacèrent le cœur de par leur exquisité.
Que ce déferlement de gouttes, prolongement de mes larmes épuisées, emportent loin de moi, dans les oubliettes de l'Immensité, toutes ses empreintes.

Qu'il enfouisse, bien caché, tout ce qui lui reste de moi au plus profond de son être. Bien à l'abri de mon regard, de son regard. Pour que je puisse oublier à quel point je l'ai aimé. Pour qu'il puisse l'oublier lui aussi.

Anodin

Les petits gestes. Les anodins. Les quotidiens.

Comment peuvent-ils autant nous raccrocher à la réalité?
Comment peuvent-ils être ceux qui déchirent le plus?

L'huile qui coule entre mes doigts quand j'enlève le mascara.

L'eau glacée sur le visage.

La percussion des touches de mon clavier.

Autant ils sont la preuve que la vie suit son cours, autant ils me semblent

vains

vides

fades



Je ne veux voir personne.

Je ne veux parler à personne.

Et si j'arrêtais de poser ces gestes, et si j'arrêtais le cours de ma vie,
pourrais-je
alors
figer
le mal?