vendredi 14 mars 2008

Perdre le sens

Dans ma tête, des mots défilent.

Il y avait mes mots préférés.
Ceux qui portent en leurs symboles des bribes de mémoire.
Eux qui ont déjà rimé avec vivacité, douceur ou réconfort, ils sont devenus trop lourds de sens. Leurs liens avec le passé me tiraient vers des sentiments révolus chaque fois qu'ils traversaient mon esprit.
Puis, au fur et à mesure que les horloges égrenaient leurs tic-tac, ces mots rattachés à lui pâlissent, perdent leur sens. Ils ne me projettent plus subitement dans des vestiges. De plus en plus blafards, les liens s'amenuisent. Leur emprise s'affaiblit de sorte qu'ils peuvent maintenant seulement effleurer mes pensées sans les accabler. Et c'est alors que s'esquisse, de temps à autres, un vague sourire, mû par des reliques d'un nous.

Calme ou vide des mots, quoi qu'il soit, il apaise.
Puisse la langueur, qui ralentit mes mouvements, ainsi s'estomper.

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