mercredi 26 mars 2008

Choisir ses pleurs

­­~Écrit dans mon cahier, sur un coin de lit, entre deux soubresauts, il y a déjà quelques jours. Quoique épars et vaporeux, sorti comme tel.~


Des larmes en condensé. Celles qu'on extraie de peine et de misère des abîmes de son cœur. Celles qui portent tout ce qui me reste d'espoir de me vider de la peine. Que mon chagrin s'écoule dans ces eaux salines. Mais elles semblent infinies. Et si je me noyais dans mes larmes? Un océan. Pas un néant. Le néant. Il faut de la matière pour qu'il y ait des remous. Il faut une infinité de gouttes pour que se forme un raz-de-marée.

Mes larmes arrachées. Celles qu'on expulse par convulsion. Pour exorciser la douleur de la perte. Comme si, une fois toutes les larmes de son âme versées, on aurait épuisé son chagrin. Pourtant. Des larmes comme autant de lames qui lacèrent. Jusqu'à ce que, de ce gribouillis chaotique de cicatrices à vif, on ne distingue plus leur origine, leurs auteurs, leurs motifs.



Je les attends encore. Les larmes chaudes. lentes. calmes. Celles qui vont couler doucement sur mes joues. incessament. un instant. Qui sonneront le glas.

Des pleurs plein les mains. Que je voudrais encore laisser couler. Dont je voudrais me débarasser.

Je cherche à tâtons comment vivre ma peine. Encore cette langueur qui me colle à la peau, infusée dans mon sang.

3 commentaires:

Le JP d'amérique a dit…

Wow!

C'est fou ce que l'être humain peut, avec un bout de bois dans les doigts et une feuille de papier qui caresse sa peau, faire exploser milles beautés.

Excellent texte... délectable!

Le JP d'amérique a dit…

P.S. Prends soin de toi!

Lilith a dit…

Oh merci!!! J'avais besoin de coucher ma peine, et voilà ce que ça a donné. Et ça va déjà beaucoup mieux, bien que j'aie eu besoin de passer par là.