Je veux que tu sois près de moi, et je le veux de cette manière, de cette manière précisément.
Je veux que ton corps s'harmonise avec le mien, je veux qu'il le commence et le complète.
Je veux que tes mains se fondent dans ma peau, je veux qu'elles frémissent et s'unissent.
Je veux que tes membres deviennent le prolongement des miens, que nos muscles se meuvent d'un même élan.
Je veux que tes mouvements soient la continuation des miens, je veux finir les mouvements que tu amorces.
Ces courts moments, je les veux de cette manière, de cette manière précisément.
mercredi 19 novembre 2008
lundi 20 octobre 2008
Sans censure
{Ça sort des boules-à-mites, et c'est loin d'être la version originale et intégrale, mais c'est ce que sa voix m'a inspiré.}
Un accès libre à ses pensées, c'est ce qu'il m'a offert de plus précieux. Ce moment, au beau milieu de la nuit. Deux coupes, une bouteille. Couvre-lit blanc. Les seules modulations sont celles de sa voix. Elle qui porte des idées de son esprit au mien. Elle qui se plaît à traîner. Elle qui étire les longueurs d'onde. Sans censure, il se prête au jeu. Il me laisse déambuler dans le labyrinthe de ses pensées, de ses humeurs. Comme si je flânais dans une librairie, je m'égare dans ses allées de souvenirs, de sentiments, de thèses et de foutaises. Qu'il projète sur cet écran blanc. Pur plaisir.
J'en veux encore. Le sommeil se dissipera avant que je ne m'engourdisse. J'en veux encore.
Un accès libre à ses pensées, c'est ce qu'il m'a offert de plus précieux. Ce moment, au beau milieu de la nuit. Deux coupes, une bouteille. Couvre-lit blanc. Les seules modulations sont celles de sa voix. Elle qui porte des idées de son esprit au mien. Elle qui se plaît à traîner. Elle qui étire les longueurs d'onde. Sans censure, il se prête au jeu. Il me laisse déambuler dans le labyrinthe de ses pensées, de ses humeurs. Comme si je flânais dans une librairie, je m'égare dans ses allées de souvenirs, de sentiments, de thèses et de foutaises. Qu'il projète sur cet écran blanc. Pur plaisir.
J'en veux encore. Le sommeil se dissipera avant que je ne m'engourdisse. J'en veux encore.
Libellés :
Fariboles de Noctambule,
Les dialogues étouffés
mardi 14 octobre 2008
Marées
La gravité croissante, décroissante, croissante. Un pendule, un compte-à-rebours.
La gravité fluctuante. De l'air pesant, pesant sur les épaules.
La gravité hypnotisante. Les pensées et la chair en suspension dans les airs.
Se balancer sans calculer le temps, juste se balancer. Tenter de simuler l'apesanteur. Éliminer le poids de l'air et le stimulus de la lumière. Juste se balancer dans la pénombre.
Il me l'a dévoilé un peu avant qu'on se rende au spectacle, hier soir, [karkwa]. Sur le coin de la rue, en marchant, une bouteille de rouge à la main, un chat dans la gorge. Il a décidé de s'isoler pour trois semaines, un purgatoire, un pèlerinage sur place. Il m'a dit : C'est ma dernière soirée en liberté. Je suis à bout de souffle. Je rentre demain après-midi. Coupé de tout. Seul au monde, on se retrouve seul avec soi-même... C'est pas évident, pour certains. Comme lui. Lui. Sois là quand je sortirai. Je ne sais pas comment. Il appréhende de tourner comme un lion en cage, auparavant il se démène dans sa cage thoracique. Compression et dépression. J'ai voulu le serrer si fort qu'il trouvera désormais toujours le moyen de se tenir debout, si fort qu'il n'oubliera jamais que je suis avec lui, même quand je ne peux pas le lui dire. Et des projets, des centaines de projets, surtout.
Je me balançais et me renvoyais à une lourdeur et à une légèreté exacerbées. Il y a eu des marées dans mes yeux toute la journée. J'imagine, j'espère, qu'il se souvient des empreintes des personnes qui l'aiment et croient en lui, et surtout, j'espère qu'il est le premier à le faire.
Même des marées plein les yeux, au fond, je suis contente.
La gravité fluctuante. De l'air pesant, pesant sur les épaules.
La gravité hypnotisante. Les pensées et la chair en suspension dans les airs.
Se balancer sans calculer le temps, juste se balancer. Tenter de simuler l'apesanteur. Éliminer le poids de l'air et le stimulus de la lumière. Juste se balancer dans la pénombre.
Il me l'a dévoilé un peu avant qu'on se rende au spectacle, hier soir, [karkwa]. Sur le coin de la rue, en marchant, une bouteille de rouge à la main, un chat dans la gorge. Il a décidé de s'isoler pour trois semaines, un purgatoire, un pèlerinage sur place. Il m'a dit : C'est ma dernière soirée en liberté. Je suis à bout de souffle. Je rentre demain après-midi. Coupé de tout. Seul au monde, on se retrouve seul avec soi-même... C'est pas évident, pour certains. Comme lui. Lui. Sois là quand je sortirai. Je ne sais pas comment. Il appréhende de tourner comme un lion en cage, auparavant il se démène dans sa cage thoracique. Compression et dépression. J'ai voulu le serrer si fort qu'il trouvera désormais toujours le moyen de se tenir debout, si fort qu'il n'oubliera jamais que je suis avec lui, même quand je ne peux pas le lui dire. Et des projets, des centaines de projets, surtout.
Je me balançais et me renvoyais à une lourdeur et à une légèreté exacerbées. Il y a eu des marées dans mes yeux toute la journée. J'imagine, j'espère, qu'il se souvient des empreintes des personnes qui l'aiment et croient en lui, et surtout, j'espère qu'il est le premier à le faire.
Même des marées plein les yeux, au fond, je suis contente.
jeudi 2 octobre 2008
Pièces assorties
J'avais seulement envie qu'on me serre fort, si fort qu'il ne resterait plus de place pour les émotions futiles, mais aussi envie de le ressentir comme la concrétisation d'un désir, bref, j'avais envie qu'on désire me serrer. Faire des casse-tête, en foutre d'autres en l'air, collectionner mes pièces préférées et essayer de les coller ensemble... en vain. Décortiquer, découper les pièces puis tenter de créer son propre assemblage... bien sûr que non. Aucun intérêt, quelqu'un que je connaîtrais de fond en comble dès le départ, je veux les papillons de découvrir, de ne pas savoir, de lancer des idées et d'attendre la réaction, quelle qu'elle soit. La griserie des discussions, les frissons des effleurements, l'attente, dévorante, des premières cajoleries. Et surtout, s'enlacer inlassablement.
J'aurais voulu trouver du réconfort dans des yeux tout près. C'est complètement absurde, mais c'est prisonnière de mon lit et de la fièvre que j'aurais aimé avoir quelqu'un à mes côtés. C'était une des premières fois depuis des mois. Absurde... Ça passera.
J'aurais voulu trouver du réconfort dans des yeux tout près. C'est complètement absurde, mais c'est prisonnière de mon lit et de la fièvre que j'aurais aimé avoir quelqu'un à mes côtés. C'était une des premières fois depuis des mois. Absurde... Ça passera.
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Fariboles de Noctambule,
Vague à l'âme
samedi 5 juillet 2008
Une partition de cacophonie
Mes jambes en réparation, mon cœur en quarantaine, je me sens en convalescence.
Des centaines de lucioles, un firmament de lucioles. Croire être une étoile parmi elles, elles qui miroitent comme des notes sur des portées. Plutôt que sur le sol, plutôt que dans le vide, s'évanouir dans la cacophonie que vous dessinez.
Une clôture esseulée. Qui s'étend d'une orée à l'autre, qui sépare un champ d'un autre pareil. Qui me retient d'un côté plutôt que de l'autre. Qui perd tout son sens en essayant de tracer une courte limite entre deux espaces identiques.
Des centaines de lucioles, un firmament de lucioles. Croire être une étoile parmi elles, elles qui miroitent comme des notes sur des portées. Plutôt que sur le sol, plutôt que dans le vide, s'évanouir dans la cacophonie que vous dessinez.
Une clôture esseulée. Qui s'étend d'une orée à l'autre, qui sépare un champ d'un autre pareil. Qui me retient d'un côté plutôt que de l'autre. Qui perd tout son sens en essayant de tracer une courte limite entre deux espaces identiques.
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Fariboles de Noctambule,
L'Immensité
samedi 28 juin 2008
Modestie mal placée
Ce n'est que l'attrait de la nouveauté. Et elle ne détrônera jamais les classiques. Je suis très loin d'être classable dans leurs classiques.
Ce ne sont que des balles perdues. Qu'elles viennent de tireurs fous ou simplement de tueurs en série, ils pensent peut-être avoir bien visé mais ratent leur cible. Ces compliments ne sont inspirés que par une image, une impression fondée sur une poignée de minutes.
Ce n'est que dérisoire. Je ne sais pas comment les recevoir, c'est pourquoi ils se heurtent à une imperméabilité. Parce que j'ai peur de voir naître un orgueil mal placé, j'entretiens une modestie mal placée.
Ce ne sont que des balles perdues. Qu'elles viennent de tireurs fous ou simplement de tueurs en série, ils pensent peut-être avoir bien visé mais ratent leur cible. Ces compliments ne sont inspirés que par une image, une impression fondée sur une poignée de minutes.
Ce n'est que dérisoire. Je ne sais pas comment les recevoir, c'est pourquoi ils se heurtent à une imperméabilité. Parce que j'ai peur de voir naître un orgueil mal placé, j'entretiens une modestie mal placée.
mercredi 18 juin 2008
Yeux d'araignée
Des cils comme autant de pattes d'araignées. Ce regard de sorcière, dès qu'il vous piquait, vous saviez qu'il était venimeux. Même de toute sa sombre splendeur, son sourire était celui d'une gamine, qui ne savait que faire de ses incisives de vampire.
lundi 26 mai 2008
Parfaiteté
No matter what happens now, you shouldn't be afraid. Because I know : Today has been the most perfect day I have ever seen.
Ce bout de chanson m'est resté coincé entre les oreilles pendant que je travaillais ce soir.
La perfection... Le jour le plus parfait que j'aie vu. C'est un faux-sens : il ne peut y avoir de hiérarchie dans la perfection, il ne peut y avoir de meilleurs parmi les parfaits. Ils sont tous à égalité dans leur perfection, ils n'ont déjà aucun défaut, aucune lacune, on ne peut forcer un classement de plus.
La perfection n'existe pas. Peut-être sur des facettes, mais encore. Parce que les désirs peuvent être divergents... Un exemple tout bête : si quelqu'un a envie de bouffe thaïe et mexicaine à la fois, on pourrait certainement combiner les deux éléments dans une assiette, mais leur agencement serait loin d'être parfait...
Même si on parvenait à réunir tout ce qu'on veut, la perfection resterait encore hors de portée.
La parfaiteté. La perfection ébréchée.
Ce bout de chanson m'est resté coincé entre les oreilles pendant que je travaillais ce soir.
La perfection... Le jour le plus parfait que j'aie vu. C'est un faux-sens : il ne peut y avoir de hiérarchie dans la perfection, il ne peut y avoir de meilleurs parmi les parfaits. Ils sont tous à égalité dans leur perfection, ils n'ont déjà aucun défaut, aucune lacune, on ne peut forcer un classement de plus.
La perfection n'existe pas. Peut-être sur des facettes, mais encore. Parce que les désirs peuvent être divergents... Un exemple tout bête : si quelqu'un a envie de bouffe thaïe et mexicaine à la fois, on pourrait certainement combiner les deux éléments dans une assiette, mais leur agencement serait loin d'être parfait...
Même si on parvenait à réunir tout ce qu'on veut, la perfection resterait encore hors de portée.
La parfaiteté. La perfection ébréchée.
lundi 19 mai 2008
Échapper une maille
Je sais pas. Quoi en faire. De moi. Je veux une bonne dose d'indépendance, mais je veux un tant soit peu de constance. Est-ce contradictoire? Probablement. Reste que c'est ce que je ressens. Et si je jugeais plutôt que tout serait plus simple tout en blanc... Pour tisser serré des liens, faut-il que l'un tire l'autre, et que les rôles s'inversent cycliquement? Ou que l'un tricote alors que l'autre tient les mailles le temps d'une ligne? Ce ne sont pas des mailles lâches qui gardent au chaud...
On le décèle facilement... Ce sentiment d'insécurité. J'ai l'impression de chercher un no man's land, où je n'en ferais ni trop ni pas assez.
Me voilà qui cherche à définir ce que j'attends de lui, de nous, de moi. Et si mon vertige s'expliquait en partie par non seulement mon manque de repères, mais aussi par son inconstance? Il a les défauts de ses qualités. Il a les qualités de ses défauts. Pourquoi faut-il y mettre un ordre, dans ces mots, pour qu'ils deviennent phrase? Défauts ses a les il de qualités. Ou encore le contraire. Plutôt ni l'un ni l'autre. Plutôt un amalgame. Plutôt un cafouillis.
On le décèle facilement... Ce sentiment d'insécurité. J'ai l'impression de chercher un no man's land, où je n'en ferais ni trop ni pas assez.
Me voilà qui cherche à définir ce que j'attends de lui, de nous, de moi. Et si mon vertige s'expliquait en partie par non seulement mon manque de repères, mais aussi par son inconstance? Il a les défauts de ses qualités. Il a les qualités de ses défauts. Pourquoi faut-il y mettre un ordre, dans ces mots, pour qu'ils deviennent phrase? Défauts ses a les il de qualités. Ou encore le contraire. Plutôt ni l'un ni l'autre. Plutôt un amalgame. Plutôt un cafouillis.
samedi 17 mai 2008
Disparais
[Comme ça fait déjà longtemps que ça a été écrit, n'essayez pas de récréer une chronologie, ce serait étourdissant.]
Tu l'as choisi, tu as choisi que ce serait plus facile ainsi. Ne te décharges pas de tes émotions, de tes incertitudes, de ta nostalgie sur moi. J'en ai assez. Je me suffis à moi-même.
Ce n'est plus à toi, toi qui vis encore, que je pense, lorsque ça me prend. C'est au défunt nous. Mort. Enterré. En cendres.
Encore moins qu'un fantôme, tu n'en es que son ombre. L'ombre de ce que je croyais que tu étais.
Et un fantôme, c'est translucide.
Disparais.
Tu l'as choisi, tu as choisi que ce serait plus facile ainsi. Ne te décharges pas de tes émotions, de tes incertitudes, de ta nostalgie sur moi. J'en ai assez. Je me suffis à moi-même.
Ce n'est plus à toi, toi qui vis encore, que je pense, lorsque ça me prend. C'est au défunt nous. Mort. Enterré. En cendres.
Encore moins qu'un fantôme, tu n'en es que son ombre. L'ombre de ce que je croyais que tu étais.
Et un fantôme, c'est translucide.
Disparais.
mercredi 7 mai 2008
Où se cache-t-il?
Dites-moi, étais-je somnambule quand je l'ai enterré? Existe-t-il une carte pour témoigner de son existence? A-t-il fondu au soleil, ou alors s'est-il fracassé? Peut-être est-il en fragments irréconciliables, comme du verre éclaté? Où se cache mon cœur? Je n'en sens plus les tremblements de chair.
Les relations se heurtent à une bulle de verre. J'ai gardé quelques personnes autour de moi, tandis que les autres n'arrivent pas à m'atteindre. Au mieux je me désole de cette absence de sentiments, au pire je reste de glace. Et s'il m'arrive d'être troublée, c'est de ne pas savoir quoi en faire.
Ah et aussi bien me détacher de mon détachement.
Les relations se heurtent à une bulle de verre. J'ai gardé quelques personnes autour de moi, tandis que les autres n'arrivent pas à m'atteindre. Au mieux je me désole de cette absence de sentiments, au pire je reste de glace. Et s'il m'arrive d'être troublée, c'est de ne pas savoir quoi en faire.
Ah et aussi bien me détacher de mon détachement.
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Fariboles de Noctambule,
Mon petit nombril
dimanche 4 mai 2008
Sois
À force de se faire charmant, on oublie comment être.
Avoir des attentes, c'est s'exposer aux déceptions.
Mais ne pas en avoir du tout signifie qu'on accepte tout sans rechigner.
Je croyais aussi qu'une attirance ne pouvait qu'être réciproque, mais me suis gourée.
Et j'essaie de trouver quand j'ai renvoyé cette perception.
Dis, si on sait plus trop comment être simplement soi, est-ce que c'est à cause qu'on est compliqué?
Avoir des attentes, c'est s'exposer aux déceptions.
Mais ne pas en avoir du tout signifie qu'on accepte tout sans rechigner.
Je croyais aussi qu'une attirance ne pouvait qu'être réciproque, mais me suis gourée.
Et j'essaie de trouver quand j'ai renvoyé cette perception.
Dis, si on sait plus trop comment être simplement soi, est-ce que c'est à cause qu'on est compliqué?
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Fariboles de Noctambule,
Je-Vitrine
mercredi 16 avril 2008
Légèreté
Un de ces sourires dont on se souvient encore après des siècles.
Ses traits imprégnés de quiétude.
Et la lenteur, cette éternelle. Qui étirait le temps, à croire qu'il se serait engourdi.
C'était la première fois que je le voyais léger.
J'avais oublié que le soleil continuait sa course, jusqu'à ce qu'il pointe au loin.
Ses traits imprégnés de quiétude.
Et la lenteur, cette éternelle. Qui étirait le temps, à croire qu'il se serait engourdi.
C'était la première fois que je le voyais léger.
J'avais oublié que le soleil continuait sa course, jusqu'à ce qu'il pointe au loin.
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Bouffées éthyliques,
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Tempo
mercredi 26 mars 2008
Choisir ses pleurs
~Écrit dans mon cahier, sur un coin de lit, entre deux soubresauts, il y a déjà quelques jours. Quoique épars et vaporeux, sorti comme tel.~
Des larmes en condensé. Celles qu'on extraie de peine et de misère des abîmes de son cœur. Celles qui portent tout ce qui me reste d'espoir de me vider de la peine. Que mon chagrin s'écoule dans ces eaux salines. Mais elles semblent infinies. Et si je me noyais dans mes larmes? Un océan. Pas un néant. Le néant. Il faut de la matière pour qu'il y ait des remous. Il faut une infinité de gouttes pour que se forme un raz-de-marée.
Mes larmes arrachées. Celles qu'on expulse par convulsion. Pour exorciser la douleur de la perte. Comme si, une fois toutes les larmes de son âme versées, on aurait épuisé son chagrin. Pourtant. Des larmes comme autant de lames qui lacèrent. Jusqu'à ce que, de ce gribouillis chaotique de cicatrices à vif, on ne distingue plus leur origine, leurs auteurs, leurs motifs.
Je les attends encore. Les larmes chaudes. lentes. calmes. Celles qui vont couler doucement sur mes joues. incessament. un instant. Qui sonneront le glas.
Des pleurs plein les mains. Que je voudrais encore laisser couler. Dont je voudrais me débarasser.
Je cherche à tâtons comment vivre ma peine. Encore cette langueur qui me colle à la peau, infusée dans mon sang.
Des larmes en condensé. Celles qu'on extraie de peine et de misère des abîmes de son cœur. Celles qui portent tout ce qui me reste d'espoir de me vider de la peine. Que mon chagrin s'écoule dans ces eaux salines. Mais elles semblent infinies. Et si je me noyais dans mes larmes? Un océan. Pas un néant. Le néant. Il faut de la matière pour qu'il y ait des remous. Il faut une infinité de gouttes pour que se forme un raz-de-marée.
Mes larmes arrachées. Celles qu'on expulse par convulsion. Pour exorciser la douleur de la perte. Comme si, une fois toutes les larmes de son âme versées, on aurait épuisé son chagrin. Pourtant. Des larmes comme autant de lames qui lacèrent. Jusqu'à ce que, de ce gribouillis chaotique de cicatrices à vif, on ne distingue plus leur origine, leurs auteurs, leurs motifs.
Je les attends encore. Les larmes chaudes. lentes. calmes. Celles qui vont couler doucement sur mes joues. incessament. un instant. Qui sonneront le glas.
Des pleurs plein les mains. Que je voudrais encore laisser couler. Dont je voudrais me débarasser.
Je cherche à tâtons comment vivre ma peine. Encore cette langueur qui me colle à la peau, infusée dans mon sang.
vendredi 14 mars 2008
Perdre le sens
Dans ma tête, des mots défilent.
Il y avait mes mots préférés.
Ceux qui portent en leurs symboles des bribes de mémoire.
Eux qui ont déjà rimé avec vivacité, douceur ou réconfort, ils sont devenus trop lourds de sens. Leurs liens avec le passé me tiraient vers des sentiments révolus chaque fois qu'ils traversaient mon esprit.
Puis, au fur et à mesure que les horloges égrenaient leurs tic-tac, ces mots rattachés à lui pâlissent, perdent leur sens. Ils ne me projettent plus subitement dans des vestiges. De plus en plus blafards, les liens s'amenuisent. Leur emprise s'affaiblit de sorte qu'ils peuvent maintenant seulement effleurer mes pensées sans les accabler. Et c'est alors que s'esquisse, de temps à autres, un vague sourire, mû par des reliques d'un nous.
Calme ou vide des mots, quoi qu'il soit, il apaise.
Puisse la langueur, qui ralentit mes mouvements, ainsi s'estomper.
Il y avait mes mots préférés.
Ceux qui portent en leurs symboles des bribes de mémoire.
Eux qui ont déjà rimé avec vivacité, douceur ou réconfort, ils sont devenus trop lourds de sens. Leurs liens avec le passé me tiraient vers des sentiments révolus chaque fois qu'ils traversaient mon esprit.
Puis, au fur et à mesure que les horloges égrenaient leurs tic-tac, ces mots rattachés à lui pâlissent, perdent leur sens. Ils ne me projettent plus subitement dans des vestiges. De plus en plus blafards, les liens s'amenuisent. Leur emprise s'affaiblit de sorte qu'ils peuvent maintenant seulement effleurer mes pensées sans les accabler. Et c'est alors que s'esquisse, de temps à autres, un vague sourire, mû par des reliques d'un nous.
Calme ou vide des mots, quoi qu'il soit, il apaise.
Puisse la langueur, qui ralentit mes mouvements, ainsi s'estomper.
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Vague à l'âme
jeudi 13 mars 2008
Deux personnes qui s'aiment
Même si le commentaire de My a été supprimé, je vais tenter d'y répondre. La remarque soulignait l'absurdité de mettre fin à une relation lorsque les deux individus s'aiment encore.
Tout d'abord, l'incompréhension est due au collage de ton propre schème cognitif de l'amour sur une situation qui ne sort pas tout droit de ta vie. Qui ressemble à: si deux personnes s'aiment, il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas.
Ce qui mène au fait que je crois, et lui aussi de toute évidence, qu'il faut plus que de l'amour pour qu'une relation soit harmonieuse et constructive. Ce que j'explique par le fait que, encore d'après moi, un individu est mu par beaucoup plus qu'un sentiment amoureux. Un individu est un enchevêtrement complexe et infini de désirs, de rêves et de possibilités. Il peut donc ressentir des émotions contradictoires, ou, du moins, qui peuvent progressivement diverger dans leurs directions.
Par ailleurs, je suis très heureuse que la relation se soit terminée sur d'aussi bonnes notes, j'en garderai de très doux souvenirs.
Je ne vais pas expliquer le pourquoi du comment de la rupture, j'en ai à peine parlé jusqu'à maintenant à deux amis seulement, alors pour le moment, je garde tout ça pour moi...
Tout d'abord, l'incompréhension est due au collage de ton propre schème cognitif de l'amour sur une situation qui ne sort pas tout droit de ta vie. Qui ressemble à: si deux personnes s'aiment, il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas.
Ce qui mène au fait que je crois, et lui aussi de toute évidence, qu'il faut plus que de l'amour pour qu'une relation soit harmonieuse et constructive. Ce que j'explique par le fait que, encore d'après moi, un individu est mu par beaucoup plus qu'un sentiment amoureux. Un individu est un enchevêtrement complexe et infini de désirs, de rêves et de possibilités. Il peut donc ressentir des émotions contradictoires, ou, du moins, qui peuvent progressivement diverger dans leurs directions.
Par ailleurs, je suis très heureuse que la relation se soit terminée sur d'aussi bonnes notes, j'en garderai de très doux souvenirs.
Je ne vais pas expliquer le pourquoi du comment de la rupture, j'en ai à peine parlé jusqu'à maintenant à deux amis seulement, alors pour le moment, je garde tout ça pour moi...
mardi 11 mars 2008
L'effacer
Partout
sur ma peau.
Toutes ces traces de lui
Ses voluptueuses caresses, ses tendres baisers, ses fermes étreintes
Toutes ces traces de lui
Partout sur ma peau.
Qu'elles s'effacent, qu'elles disparaissent
Que je puisse m'en défaire
Que je puisse oublier
De la lourdeur plein les mouvements, j'ai frotté chaque parcelle de ma peau. Comme si, en la sablant, j'allais extirper tous ces sublimes souvenirs, qui lacèrent le cœur de par leur exquisité.
Que ce déferlement de gouttes, prolongement de mes larmes épuisées, emportent loin de moi, dans les oubliettes de l'Immensité, toutes ses empreintes.
Qu'il enfouisse, bien caché, tout ce qui lui reste de moi au plus profond de son être. Bien à l'abri de mon regard, de son regard. Pour que je puisse oublier à quel point je l'ai aimé. Pour qu'il puisse l'oublier lui aussi.
sur ma peau.
Toutes ces traces de lui
Ses voluptueuses caresses, ses tendres baisers, ses fermes étreintes
Toutes ces traces de lui
Partout sur ma peau.
Qu'elles s'effacent, qu'elles disparaissent
Que je puisse m'en défaire
Que je puisse oublier
De la lourdeur plein les mouvements, j'ai frotté chaque parcelle de ma peau. Comme si, en la sablant, j'allais extirper tous ces sublimes souvenirs, qui lacèrent le cœur de par leur exquisité.
Que ce déferlement de gouttes, prolongement de mes larmes épuisées, emportent loin de moi, dans les oubliettes de l'Immensité, toutes ses empreintes.
Qu'il enfouisse, bien caché, tout ce qui lui reste de moi au plus profond de son être. Bien à l'abri de mon regard, de son regard. Pour que je puisse oublier à quel point je l'ai aimé. Pour qu'il puisse l'oublier lui aussi.
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Anodin
Les petits gestes. Les anodins. Les quotidiens.
Comment peuvent-ils autant nous raccrocher à la réalité?
Comment peuvent-ils être ceux qui déchirent le plus?
L'huile qui coule entre mes doigts quand j'enlève le mascara.
L'eau glacée sur le visage.
La percussion des touches de mon clavier.
Autant ils sont la preuve que la vie suit son cours, autant ils me semblent
vains
vides
fades
Je ne veux voir personne.
Je ne veux parler à personne.
Et si j'arrêtais de poser ces gestes, et si j'arrêtais le cours de ma vie,
pourrais-je
alors
figer
le mal?
Comment peuvent-ils autant nous raccrocher à la réalité?
Comment peuvent-ils être ceux qui déchirent le plus?
L'huile qui coule entre mes doigts quand j'enlève le mascara.
L'eau glacée sur le visage.
La percussion des touches de mon clavier.
Autant ils sont la preuve que la vie suit son cours, autant ils me semblent
vains
vides
fades
Je ne veux voir personne.
Je ne veux parler à personne.
Et si j'arrêtais de poser ces gestes, et si j'arrêtais le cours de ma vie,
pourrais-je
alors
figer
le mal?
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samedi 16 février 2008
Frivolités!
Je pourrais dire un tas de trucs frivoles sur mon compte. Par contre, pour ce qui est de rendre ça intéressant... Ah et je crois que l'épidémie prouve bien qu'entre blogueurs, on aime bien se faire courir après!
Règlements :
* Mettre le lien de la personne qui vous tag;
* Mettre les règlements sur votre blog;
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées
Puisqu'il faut que je me jette à l'eau... Cet après-midi, j'ai paressé, enroulée dans une couverture tibétaine, en écoutant... Ella l'ensorcelée. Comme beaucoup, ça m'arrive d'écouter des films de Walt Disney, mais même fillette, je n'aimais pas une princesse en particulier: Aurore. Elle reçoit un mauvais sort quand elle n'est qu'un poupon. Soit. Et par après? Elle dort!!! C'est tout! Jusqu'à ce que le prince charmant, qui fait plus office de figurant de que vrai personnage avec un caractère propre, ne vienne la délivrer... que dis-je... l'embrasser. Encore là, le prince qui embrasse quelqu'un qui est dans le coma depuis 100 ans m'a l'air un tantinet louche... Ah ces princes charmants!
Autre fait inusité: je crois bien être une des rares personnes à pouvoir se vanter d'avoir fait des makis et des sushis avec sa grand-mère! En faisant abstraction des personnes asiatiques, cela va de soi. Le fait est qu'après avoir passé des heures à les préparer, nos mains sentaient tellement le vinaigre de riz que nous avions déjà beaucoup moins hâte de les déguster. Ils étaient tout de même délicieux! Pour poursuivre dans la veine culinaire, quand je cuisine seule, je chante et je danse. Là où ça se gâche, c'est que je chante plutôt mal... J'espère pour ma voisine que je n'enterre pas la musique.
Un aveu: c'est la quatrième fois que je lis Soie. Et chaque lecture est différente, m'apporte de nouveaux liens, de nouvelles réflexions. J'aime. Vraiment.
Pour la finale, tel un coup de gong, je vous annonce que, sur l'île de Montréal, il y a une rue à mon prénom (mon vrai), une rue à mon nom de famille oublié et un pont à mon nom de famille porté! M'y sens (presque) comme chez moi!
Ouf, c'est fait! La faute à Cerné d'avoir causé ce déluge de frivolités! Maintenant, ce sera au tour du JP d'Amérique, de Sophie, de SDADL, de Myriam et de l'Intense, en espérant que l'envie va lui prendre... Je sais, ils ne sont que cinq... Mais les autres que j'aurais pu taguer ont déjà été contaminés. Zut.
Règlements :
* Mettre le lien de la personne qui vous tag;
* Mettre les règlements sur votre blog;
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées
Puisqu'il faut que je me jette à l'eau... Cet après-midi, j'ai paressé, enroulée dans une couverture tibétaine, en écoutant... Ella l'ensorcelée. Comme beaucoup, ça m'arrive d'écouter des films de Walt Disney, mais même fillette, je n'aimais pas une princesse en particulier: Aurore. Elle reçoit un mauvais sort quand elle n'est qu'un poupon. Soit. Et par après? Elle dort!!! C'est tout! Jusqu'à ce que le prince charmant, qui fait plus office de figurant de que vrai personnage avec un caractère propre, ne vienne la délivrer... que dis-je... l'embrasser. Encore là, le prince qui embrasse quelqu'un qui est dans le coma depuis 100 ans m'a l'air un tantinet louche... Ah ces princes charmants!
Autre fait inusité: je crois bien être une des rares personnes à pouvoir se vanter d'avoir fait des makis et des sushis avec sa grand-mère! En faisant abstraction des personnes asiatiques, cela va de soi. Le fait est qu'après avoir passé des heures à les préparer, nos mains sentaient tellement le vinaigre de riz que nous avions déjà beaucoup moins hâte de les déguster. Ils étaient tout de même délicieux! Pour poursuivre dans la veine culinaire, quand je cuisine seule, je chante et je danse. Là où ça se gâche, c'est que je chante plutôt mal... J'espère pour ma voisine que je n'enterre pas la musique.
Un aveu: c'est la quatrième fois que je lis Soie. Et chaque lecture est différente, m'apporte de nouveaux liens, de nouvelles réflexions. J'aime. Vraiment.
Pour la finale, tel un coup de gong, je vous annonce que, sur l'île de Montréal, il y a une rue à mon prénom (mon vrai), une rue à mon nom de famille oublié et un pont à mon nom de famille porté! M'y sens (presque) comme chez moi!
Ouf, c'est fait! La faute à Cerné d'avoir causé ce déluge de frivolités! Maintenant, ce sera au tour du JP d'Amérique, de Sophie, de SDADL, de Myriam et de l'Intense, en espérant que l'envie va lui prendre... Je sais, ils ne sont que cinq... Mais les autres que j'aurais pu taguer ont déjà été contaminés. Zut.
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Fariboles de Noctambule,
Mon petit nombril
jeudi 7 février 2008
Les joues en pomme
Hier soir, en revenant de faire du trois-skis avec mon neveu.
Mathieu- C'est le fun quand tu viens garder matante, t'es une super bonne gardienne! (avec des joues comme des pommes)
Moi-Ahah merci... C'est drôle, j'suis ta gardienne-tante! (avec une grimace à l'idée du titre)
Mathieu- Mais t'es une bonne matante! J'suis sûr que quand tu vas avoir un enfant, tu vas être une vraiment bonne maman! (avec toute la sincérité de ses dix hivers)
Moi- Dans un poignée d'années, tu viendras les garder?
Ce que j'ai gardé pour moi, c'est que quand je suis avec lui et sa soeur, la hâte d'y être me chatouille. Ils sont mes merveilles.
Mathieu- C'est le fun quand tu viens garder matante, t'es une super bonne gardienne! (avec des joues comme des pommes)
Moi-Ahah merci... C'est drôle, j'suis ta gardienne-tante! (avec une grimace à l'idée du titre)
Mathieu- Mais t'es une bonne matante! J'suis sûr que quand tu vas avoir un enfant, tu vas être une vraiment bonne maman! (avec toute la sincérité de ses dix hivers)
Moi- Dans un poignée d'années, tu viendras les garder?
Ce que j'ai gardé pour moi, c'est que quand je suis avec lui et sa soeur, la hâte d'y être me chatouille. Ils sont mes merveilles.
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L'Immensité,
Mon petit nombril,
Tempo
jeudi 31 janvier 2008
Le périmètre d'intimité
Trois. Dans cette bulle de métal et de pétrole.
Nous perçions l'air métropolitain vers un paradis en phase terminale.
Impatients de se faire accueillir par les nôtres pour ce répit de fin d'année.
À travers cette frontière diaphane, mon regard s'attardait paresseusement sur ces autres bulles de métal.
Toutes ces bulles... Tous ces caprices suicidaires...
Et nous la sentons tous, cette épée qui nous nargue, au-dessus des grands cerveaux que nous sommes.
Alors pourquoi? Pourquoi nous entêtons-nous?
Edward T. Hall fournit la base de la réponse dans Les distances chez l'homme ( 1971 ) . Il présente la version humaine des distances animales présentées par Hediger; distances de fuite, critique, personnelle et sociale. Les distances se manifestent chez nous, Américains de la côte Nord-Est normalement socialisés, sous quatre formes, les distances intime, personnelle, sociale et publique, qui elles-mêmes se déclinent en deux modes, proche et lointain. Je ne m'attarderai qu'à la distance intime, libre à vous de satisfaire votre curiosité, vous avez la source.
Quelques précisions avant de rentrer dans le vif du sujet:
Les distances sont départagées d'après les conséquences des modifications sensorielles. Nous chuchutons dans le creux de l'oreille et nous crions (habituellement) à celui qui est éloigné. Plusieurs causes entrent en jeu au moment de déterminer dans quelle distance nous nous plaçons, comme les sentiments réciproques, l'état d'esprit individuel, l'environnement. Même si ça vous semble improbable, l'être humain ne limite pas sa personne à sa peau. Je sais que sans que ma peau n'entre en contact avec la sienne, je le touche.
Dans l'intimité proche, la vision se déforme et nous baignons dans l'odeur et la chaleur de l'autre corps, le tout soulignant une relation d'engagement avec un autre corps. À cette distance, nous réconfortons et nous protègeons, par contre nous luttons aussi, mais surtout nous nous livrons dans ( ou à travers ) l'acte sexuel. Le contact physique, ou alors son imminence, obsède. La vue, altérée, devient secondaire, jusqu'au point où nous avons tendance à fermer les yeux. La voix brise le rêve, le murmure s'élève comme un mur entre les deux corps. C'est pourquoi que ce n'est qu'involontairement que nous rions, que nous soupirons.
L'intimité éloignée se situe entre 15 et 40 centimètres. La gêne ressentie est causée par la distortion du système visuel. La voix, étouffée ou murmurée, distrait des informations émises par le corps. On peut même sentir le champ de chaleur de l'autre corps. L'acuité visuelle souffre de la promiscuité.
D'où le : je n'aurais aucun problème à prendre le transport en commun si j'y étais seul. Même concept pour le covoiturage. Si nous nous décrispions un tant soit peu, peut-être qu'alors nous arriverions à recréer ce moment, presque vide, de transition entre la maison et le boulot, le boulot et la maison. Pouvons-nous ressentir le vide tout en étant entourés d'inconnus? La faute, en partie, à notre processus de socialisation. Qui nous interdit plaisir et détente lors de contact corporel avec des étrangers. Alors comment réagir dans ces chocs de corps à grande échelle? Nous érigeons nos barrières protectrices. Personne ne veut perdre la face. Faut retirer toute intimité à l'espace intime. Nous déshumaniser. Que nos corps ne soient plus peau, muscles, os et sang, mais plutôt caoutchouc, huile, métal et électricité. Dépourvus de sentiments, de désirs. Nous nous pétrifions, muscles contractés, tels des statues. Nous paralysons même nos yeux, qui perdent leur sens dans l'infini.
Pour nous préserver de ce malaise purement construit, nous brûlons du pétrole. Pour que cette bulle de métal soit le prolongement de notre peau, la vraie limite de notre corps.
Nous perçions l'air métropolitain vers un paradis en phase terminale.
Impatients de se faire accueillir par les nôtres pour ce répit de fin d'année.
À travers cette frontière diaphane, mon regard s'attardait paresseusement sur ces autres bulles de métal.
Toutes ces bulles... Tous ces caprices suicidaires...
Et nous la sentons tous, cette épée qui nous nargue, au-dessus des grands cerveaux que nous sommes.
Alors pourquoi? Pourquoi nous entêtons-nous?
Edward T. Hall fournit la base de la réponse dans Les distances chez l'homme ( 1971 ) . Il présente la version humaine des distances animales présentées par Hediger; distances de fuite, critique, personnelle et sociale. Les distances se manifestent chez nous, Américains de la côte Nord-Est normalement socialisés, sous quatre formes, les distances intime, personnelle, sociale et publique, qui elles-mêmes se déclinent en deux modes, proche et lointain. Je ne m'attarderai qu'à la distance intime, libre à vous de satisfaire votre curiosité, vous avez la source.
Quelques précisions avant de rentrer dans le vif du sujet:
Les distances sont départagées d'après les conséquences des modifications sensorielles. Nous chuchutons dans le creux de l'oreille et nous crions (habituellement) à celui qui est éloigné. Plusieurs causes entrent en jeu au moment de déterminer dans quelle distance nous nous plaçons, comme les sentiments réciproques, l'état d'esprit individuel, l'environnement. Même si ça vous semble improbable, l'être humain ne limite pas sa personne à sa peau. Je sais que sans que ma peau n'entre en contact avec la sienne, je le touche.
Dans l'intimité proche, la vision se déforme et nous baignons dans l'odeur et la chaleur de l'autre corps, le tout soulignant une relation d'engagement avec un autre corps. À cette distance, nous réconfortons et nous protègeons, par contre nous luttons aussi, mais surtout nous nous livrons dans ( ou à travers ) l'acte sexuel. Le contact physique, ou alors son imminence, obsède. La vue, altérée, devient secondaire, jusqu'au point où nous avons tendance à fermer les yeux. La voix brise le rêve, le murmure s'élève comme un mur entre les deux corps. C'est pourquoi que ce n'est qu'involontairement que nous rions, que nous soupirons.
L'intimité éloignée se situe entre 15 et 40 centimètres. La gêne ressentie est causée par la distortion du système visuel. La voix, étouffée ou murmurée, distrait des informations émises par le corps. On peut même sentir le champ de chaleur de l'autre corps. L'acuité visuelle souffre de la promiscuité.
D'où le : je n'aurais aucun problème à prendre le transport en commun si j'y étais seul. Même concept pour le covoiturage. Si nous nous décrispions un tant soit peu, peut-être qu'alors nous arriverions à recréer ce moment, presque vide, de transition entre la maison et le boulot, le boulot et la maison. Pouvons-nous ressentir le vide tout en étant entourés d'inconnus? La faute, en partie, à notre processus de socialisation. Qui nous interdit plaisir et détente lors de contact corporel avec des étrangers. Alors comment réagir dans ces chocs de corps à grande échelle? Nous érigeons nos barrières protectrices. Personne ne veut perdre la face. Faut retirer toute intimité à l'espace intime. Nous déshumaniser. Que nos corps ne soient plus peau, muscles, os et sang, mais plutôt caoutchouc, huile, métal et électricité. Dépourvus de sentiments, de désirs. Nous nous pétrifions, muscles contractés, tels des statues. Nous paralysons même nos yeux, qui perdent leur sens dans l'infini.
Pour nous préserver de ce malaise purement construit, nous brûlons du pétrole. Pour que cette bulle de métal soit le prolongement de notre peau, la vraie limite de notre corps.
vendredi 18 janvier 2008
Motus et bouche cousue
C'est maintenant.
Prendre sa place. Occuper son espace.
Ça vous semble facile? Eh bien, pas à moi.
J'ai une épine qui lancine. Un faux pli, faut croire.
Je m'efface rétrécit pâlit. À laver délicatement à la main.
Fibre endommagée. Trop de haute température, trop de séchage par culbutage.
Mon âme doit faire de l'arthrite, j'ai dû échapper quelques mailles.
Ma discrétion m'infligerait-elle une dysfonction?
Entourée de plusieurs ou entourée de personnes auxquelles je ne suis pas habituée, je me tais, ou presque.
Je peine à tenir un rôle actif dans certains groupes. Y'a des fois...
Y'a des fois, je ne suis simplement pas à l'aise. Surtout quand j'arrive dans un groupe de personnes qui se connaissent depuis déjà quelques années, ce qui donne que je n'ai aucune idée de ce dont ils parlent, que ce soit des personnes ou des histoires.
Y'a des fois, les litanies percutent bel et bien mes tympans, mais, quand les émetteurs ne semblent pas nourrir un intérêt à devenir récepteur, ce n'est certainement pas moi qui vais réclamer le droit de parole... Si on n'a pas l'air de vouloir m'écouter, pourquoi je parlerais?
Y'a des fois, je me sens (pré)jugée, comme si la presque totalité de ce que je suis devait se rapporter d'une manière ou d'une autre à un de mes traits de caractère, comme si ce dernier empiétant sur tous les autres, comme si j'étais réduite à ce défaut.
Et puis y'a beaucoup de fois, je ne sais simplement pas quel rôle prendre. Ou je n'arrive pas à m'exprimer à travers celui que je veux. Même si je le souhaite de toutes mes forces. Est-ce que je suis la copine? La connaissance? L'amie? Est-ce que je peux lâcher prise? Ou alors je reste réservée?
Y'a des schèmes qui ont été martelés à tant de reprises et si profondément que je n'arrive à me les extirper que si peu à la fois... Si peu que je doute parfois d'où j'en suis...
Y'a aussi des jours où j'arrive à y voir légèrement plus clair... et je me réjouis de la distance parcourue.
Y'a surtout ces fois où je ne suis que moi, sans limite ni ligne de conduite. Je ne représente ni la copine, ni l'amie d'une autre personne. Je suis moi. L'action qui devrait être la plus naturelle du monde, celle qui devrait couler de soi m'apparaît comme un oasis.
Je découds puis reprends des coutures ah et aussi je rapièce oh et je rehausse même de fioritures, ces jolis trucs qui rendent spéciale la personnalité... Même si le fil rompt de temps à autres, même s'il y a mille détails cruciaux,
j'aime bien coudre.
Prendre sa place. Occuper son espace.
Ça vous semble facile? Eh bien, pas à moi.
J'ai une épine qui lancine. Un faux pli, faut croire.
Je m'efface rétrécit pâlit. À laver délicatement à la main.
Fibre endommagée. Trop de haute température, trop de séchage par culbutage.
Mon âme doit faire de l'arthrite, j'ai dû échapper quelques mailles.
Ma discrétion m'infligerait-elle une dysfonction?
Entourée de plusieurs ou entourée de personnes auxquelles je ne suis pas habituée, je me tais, ou presque.
Je peine à tenir un rôle actif dans certains groupes. Y'a des fois...
Y'a des fois, je ne suis simplement pas à l'aise. Surtout quand j'arrive dans un groupe de personnes qui se connaissent depuis déjà quelques années, ce qui donne que je n'ai aucune idée de ce dont ils parlent, que ce soit des personnes ou des histoires.
Y'a des fois, les litanies percutent bel et bien mes tympans, mais, quand les émetteurs ne semblent pas nourrir un intérêt à devenir récepteur, ce n'est certainement pas moi qui vais réclamer le droit de parole... Si on n'a pas l'air de vouloir m'écouter, pourquoi je parlerais?
Y'a des fois, je me sens (pré)jugée, comme si la presque totalité de ce que je suis devait se rapporter d'une manière ou d'une autre à un de mes traits de caractère, comme si ce dernier empiétant sur tous les autres, comme si j'étais réduite à ce défaut.
Et puis y'a beaucoup de fois, je ne sais simplement pas quel rôle prendre. Ou je n'arrive pas à m'exprimer à travers celui que je veux. Même si je le souhaite de toutes mes forces. Est-ce que je suis la copine? La connaissance? L'amie? Est-ce que je peux lâcher prise? Ou alors je reste réservée?
Y'a des schèmes qui ont été martelés à tant de reprises et si profondément que je n'arrive à me les extirper que si peu à la fois... Si peu que je doute parfois d'où j'en suis...
Y'a aussi des jours où j'arrive à y voir légèrement plus clair... et je me réjouis de la distance parcourue.
Y'a surtout ces fois où je ne suis que moi, sans limite ni ligne de conduite. Je ne représente ni la copine, ni l'amie d'une autre personne. Je suis moi. L'action qui devrait être la plus naturelle du monde, celle qui devrait couler de soi m'apparaît comme un oasis.
Je découds puis reprends des coutures ah et aussi je rapièce oh et je rehausse même de fioritures, ces jolis trucs qui rendent spéciale la personnalité... Même si le fil rompt de temps à autres, même s'il y a mille détails cruciaux,
j'aime bien coudre.
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Je-Vitrine,
Réflexion sournoise
mardi 15 janvier 2008
j'hésite
J'hésite...
Hier soir, j'ai écrit un message plutôt personnel, en ce sens qu'il racontait plus clairement que je ne le fais habituellement ma soirée, qui a plutôt foiré. Après l'avoir premièrement publié, je le retire. Et je me demande. Et j'hésite.
Jusqu'où vous sentez-vous à l'aise de décrire votre vie personnelle à des étrangers sur vos blogs?
Hier soir, j'ai écrit un message plutôt personnel, en ce sens qu'il racontait plus clairement que je ne le fais habituellement ma soirée, qui a plutôt foiré. Après l'avoir premièrement publié, je le retire. Et je me demande. Et j'hésite.
Jusqu'où vous sentez-vous à l'aise de décrire votre vie personnelle à des étrangers sur vos blogs?
vendredi 11 janvier 2008
La mitaine déchue et la personnification du non-vivant
Eh lectorat, je vous fais un formidable deux pour un!
Pour se mettre en appétit, une épopée montréalaise d'un p'tit bout de laine rose et crème...
J'ai une mitaine. Elle a une jumelle, et même un soeur tuque. L'une ne va pas sans l'autre, c'est un principe fondamental de leur vie. Et de la nôtre.
Un jour, je dépose innocemment et sans me douter du mal que je ferais mes deux mitaines de laine à mes pieds dans l'auto de mon copain pour malencontreusement les oublier là...
Quelques jours plus tard, de retour sur le lieu du crime, je fouille sous le banc du passager... Il est cependant trop tard, la fatalité s'est d'ores et déjà abattue sur les jumelles. Je n'en retrouve qu'une, esseulée, au bord du gouffre de la portière.
Je n'ai pas appelé les inspecteurs, je savais que l'autre était tombée et errait dans les rues grouillantes de malfrats de la grand'vile. J'ai voulu placarder sa photo et la faire imprimer sur les cartons de lait, mais je n'en avais pas. J'ai été réduite à photographier la survivante et inverser l'image virtuelle.
Quelques jours plus tard, alors que j'avais perdu tout espoir, je vis, au milieu de la rue devant mon appartement, la mitaine déchue! Avant qu'une cruelle automobile ne l'écrase d'un roulement de pneu d'hiver, je me précipitai sur cette asphalte invitant la mort et recueilli la disparue-et-retrouvée. Afin de me déculpabiliser, je lui promis de faire instaurer au moyen d'une pétition des panneaux pour sensibiliser les abjectes conducteurs: Attention à nos mitaines, ce pourrait être... la vôtre!
Trêve de divagations, voici une touche un tantinet plus sérieuse à ce message. Nous, humains, avec nos grands coeurs, avons tendance à prêter vie à l'inanimé. Comme moi et ma mitaine, bien que j'aie exagéré, ne vous en déplaise. Ce mécanisme se décline de manière souvent différente chez les hommes et chez les femmes. Du côté féminin, comme je viens de le prouver, il se manifeste chez des objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne, auxquels nous devenons peu à peu attachées. Moufles, peluches, breloques. Chez les hommes, surtout les «vrais de vrais mâles», on observe la capacité à prêter des intentions au non-vivant, consciemment ou non, volontairement ou non. Le gars qui cherche comment accéder à une rue et qui voit ça comme un défi que la ville lui lance. Dans ce cas, c'est que comique, j'ai bien ri! Par contre, y'a aussi d'autres styles, comme celui qui peste pendant des heures contre la météo. Expliquez-moi comment on peut éprouver autant de rancoeur envers le vent! Faut bien rire...
Pour se mettre en appétit, une épopée montréalaise d'un p'tit bout de laine rose et crème...
J'ai une mitaine. Elle a une jumelle, et même un soeur tuque. L'une ne va pas sans l'autre, c'est un principe fondamental de leur vie. Et de la nôtre.
Un jour, je dépose innocemment et sans me douter du mal que je ferais mes deux mitaines de laine à mes pieds dans l'auto de mon copain pour malencontreusement les oublier là...
Quelques jours plus tard, de retour sur le lieu du crime, je fouille sous le banc du passager... Il est cependant trop tard, la fatalité s'est d'ores et déjà abattue sur les jumelles. Je n'en retrouve qu'une, esseulée, au bord du gouffre de la portière.
Je n'ai pas appelé les inspecteurs, je savais que l'autre était tombée et errait dans les rues grouillantes de malfrats de la grand'vile. J'ai voulu placarder sa photo et la faire imprimer sur les cartons de lait, mais je n'en avais pas. J'ai été réduite à photographier la survivante et inverser l'image virtuelle.
Quelques jours plus tard, alors que j'avais perdu tout espoir, je vis, au milieu de la rue devant mon appartement, la mitaine déchue! Avant qu'une cruelle automobile ne l'écrase d'un roulement de pneu d'hiver, je me précipitai sur cette asphalte invitant la mort et recueilli la disparue-et-retrouvée. Afin de me déculpabiliser, je lui promis de faire instaurer au moyen d'une pétition des panneaux pour sensibiliser les abjectes conducteurs: Attention à nos mitaines, ce pourrait être... la vôtre!
Trêve de divagations, voici une touche un tantinet plus sérieuse à ce message. Nous, humains, avec nos grands coeurs, avons tendance à prêter vie à l'inanimé. Comme moi et ma mitaine, bien que j'aie exagéré, ne vous en déplaise. Ce mécanisme se décline de manière souvent différente chez les hommes et chez les femmes. Du côté féminin, comme je viens de le prouver, il se manifeste chez des objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne, auxquels nous devenons peu à peu attachées. Moufles, peluches, breloques. Chez les hommes, surtout les «vrais de vrais mâles», on observe la capacité à prêter des intentions au non-vivant, consciemment ou non, volontairement ou non. Le gars qui cherche comment accéder à une rue et qui voit ça comme un défi que la ville lui lance. Dans ce cas, c'est que comique, j'ai bien ri! Par contre, y'a aussi d'autres styles, comme celui qui peste pendant des heures contre la météo. Expliquez-moi comment on peut éprouver autant de rancoeur envers le vent! Faut bien rire...
dimanche 6 janvier 2008
Mon faux silence
Allez savoir pourquoi, depuis deux semaines, je ne fais pas jouer de musique chez moi aussi souvent ( lire: dès que j'y étais) qu'à l'habitude. Je lis en silence, j'écris en silence.
En silence? Ce serait une imposture d'invoquer le silence à Montréal!
Bien sûr, il y a quelques bruits lointains de circulation, mais il était une heure de la nuit.
Bien sûr, j'habite dans une maison de 53 ans, construite des mains de mon grand-père. J'entends sa digestion, j'entends ses os craquer.
Mais à une heure de la nuit, c'était mon coeur qui faisait le plus de bruit.
Je savourais mes derniers jours de vacances. Je me prélassais sur mon douillet divan, bien emmitouflée, une légère lumière tombant de derrière mon épaule. Tisane pomme-cannelle pour me réchauffer dans une main, Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault pour me transporter dans l'autre.
Mes oreilles se remplissaient des bruits de ses mots. Tous leurs cliquetis, leurs ronronnements, leurs soupirs, leurs sanglots paisibles.
Et je me plaisais à devenir transparente et malléable, à me laisser porter par les vibrations de ces mots.
Et je m'étais à ce point incorporée à ce silence que lorsque je laissai échapper sans trop m'en apercevoir un gloussement étouffé, même pas un vrai éclat de rire, je me fis raidir moi-même d'avoir brisé cette atmosphère. Ce faux silence dans lequel je m'oubliais légèrement.
En silence? Ce serait une imposture d'invoquer le silence à Montréal!
Bien sûr, il y a quelques bruits lointains de circulation, mais il était une heure de la nuit.
Bien sûr, j'habite dans une maison de 53 ans, construite des mains de mon grand-père. J'entends sa digestion, j'entends ses os craquer.
Mais à une heure de la nuit, c'était mon coeur qui faisait le plus de bruit.
Je savourais mes derniers jours de vacances. Je me prélassais sur mon douillet divan, bien emmitouflée, une légère lumière tombant de derrière mon épaule. Tisane pomme-cannelle pour me réchauffer dans une main, Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault pour me transporter dans l'autre.
Mes oreilles se remplissaient des bruits de ses mots. Tous leurs cliquetis, leurs ronronnements, leurs soupirs, leurs sanglots paisibles.
Et je me plaisais à devenir transparente et malléable, à me laisser porter par les vibrations de ces mots.
Et je m'étais à ce point incorporée à ce silence que lorsque je laissai échapper sans trop m'en apercevoir un gloussement étouffé, même pas un vrai éclat de rire, je me fis raidir moi-même d'avoir brisé cette atmosphère. Ce faux silence dans lequel je m'oubliais légèrement.
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jeudi 3 janvier 2008
Blogs
Je trouvais ça un tantinet risible de mettre une liste des blogs que je lis étant donné que je viens d'arriver. Mais ce matin, ça ne me tentait pas de me laver les cheveux et dans ces cas-là, je trouve facilement des choses plus importantes à faire pour l'instant. D'habitude, c'est nettoyer mon appart ou faire mes travaux, mais mon appart était déjà impeccable et je n'ai pas encore commencé ma session... Alors je vous présente, avec beaucoup de modestie, les blogs que je lis régulièrement. Chacun a des points forts que j'apprécie.
Expiation
Expiation ce soir.
Ouff....
J'ai réfléchi. Décortiqué. Extrapolé. Je me suis même glissée dans les chaussures de trois personnages en un court laps de temps.
J'ai ressenti le désir traverser d'un corps à l'autre, d'une âme à l'autre. Comme si j'étais tout simplement sur le chemin entre les deux. Désir refoulé, désir en éclosion, désir en explosion, désir en attente inhumaine de consommation...
J'ai été transpercée par les remords. Ceux qui dévorent de l'intérieur, qui, au lieu de s'estomper avec le sablier d'une vie, ne font que durement se concrétiser, s'envenimer, nous empoisonner. Ceux dont le venin nous ronge inlassablement. Ceux dans lesquels on reste figés, passant de gélatine à ciment, et nous d'humain à statue à moule creux.
J'ai entendu le tic-tac. Tous ces subtils fracas qui ponctuent nos journées. Qui creusent la peau. Pour ceux qui se rendent jusqu'à la peau burinée.
Expiation: Châtiment, peine imposés par lesquels on répare une faute, un crime.
Lorsque mal a été commis, les excuses ne suffisent pas.
Ouff....
J'ai réfléchi. Décortiqué. Extrapolé. Je me suis même glissée dans les chaussures de trois personnages en un court laps de temps.
J'ai ressenti le désir traverser d'un corps à l'autre, d'une âme à l'autre. Comme si j'étais tout simplement sur le chemin entre les deux. Désir refoulé, désir en éclosion, désir en explosion, désir en attente inhumaine de consommation...
J'ai été transpercée par les remords. Ceux qui dévorent de l'intérieur, qui, au lieu de s'estomper avec le sablier d'une vie, ne font que durement se concrétiser, s'envenimer, nous empoisonner. Ceux dont le venin nous ronge inlassablement. Ceux dans lesquels on reste figés, passant de gélatine à ciment, et nous d'humain à statue à moule creux.
J'ai entendu le tic-tac. Tous ces subtils fracas qui ponctuent nos journées. Qui creusent la peau. Pour ceux qui se rendent jusqu'à la peau burinée.
Expiation: Châtiment, peine imposés par lesquels on répare une faute, un crime.
Lorsque mal a été commis, les excuses ne suffisent pas.
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