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samedi 17 mai 2008

Disparais

[Comme ça fait déjà longtemps que ça a été écrit, n'essayez pas de récréer une chronologie, ce serait étourdissant.]

Tu l'as choisi, tu as choisi que ce serait plus facile ainsi. Ne te décharges pas de tes émotions, de tes incertitudes, de ta nostalgie sur moi. J'en ai assez. Je me suffis à moi-même.

Ce n'est plus à toi, toi qui vis encore, que je pense, lorsque ça me prend. C'est au défunt nous. Mort. Enterré. En cendres.

Encore moins qu'un fantôme, tu n'en es que son ombre. L'ombre de ce que je croyais que tu étais.

Et un fantôme, c'est translucide.

Disparais.

vendredi 18 janvier 2008

Motus et bouche cousue

C'est maintenant.


Prendre sa place. Occuper son espace.

Ça vous semble facile? Eh bien, pas à moi.

J'ai une épine qui lancine. Un faux pli, faut croire.

Je m'efface rétrécit pâlit. À laver délicatement à la main.

Fibre endommagée. Trop de haute température, trop de séchage par culbutage.
Mon âme doit faire de l'arthrite, j'ai dû échapper quelques mailles.

Ma discrétion m'infligerait-elle une dysfonction?
Entourée de plusieurs ou entourée de personnes auxquelles je ne suis pas habituée, je me tais, ou presque.

Je peine à tenir un rôle actif dans certains groupes. Y'a des fois...

Y'a des fois, je ne suis simplement pas à l'aise. Surtout quand j'arrive dans un groupe de personnes qui se connaissent depuis déjà quelques années, ce qui donne que je n'ai aucune idée de ce dont ils parlent, que ce soit des personnes ou des histoires.

Y'a des fois, les litanies percutent bel et bien mes tympans, mais, quand les émetteurs ne semblent pas nourrir un intérêt à devenir récepteur, ce n'est certainement pas moi qui vais réclamer le droit de parole... Si on n'a pas l'air de vouloir m'écouter, pourquoi je parlerais?

Y'a des fois, je me sens (pré)jugée, comme si la presque totalité de ce que je suis devait se rapporter d'une manière ou d'une autre à un de mes traits de caractère, comme si ce dernier empiétant sur tous les autres, comme si j'étais réduite à ce défaut.

Et puis y'a beaucoup de fois, je ne sais simplement pas quel rôle prendre. Ou je n'arrive pas à m'exprimer à travers celui que je veux. Même si je le souhaite de toutes mes forces. Est-ce que je suis la copine? La connaissance? L'amie? Est-ce que je peux lâcher prise? Ou alors je reste réservée?

Y'a des schèmes qui ont été martelés à tant de reprises et si profondément que je n'arrive à me les extirper que si peu à la fois... Si peu que je doute parfois d'où j'en suis...

Y'a aussi des jours où j'arrive à y voir légèrement plus clair... et je me réjouis de la distance parcourue.

Y'a surtout ces fois où je ne suis que moi, sans limite ni ligne de conduite. Je ne représente ni la copine, ni l'amie d'une autre personne. Je suis moi. L'action qui devrait être la plus naturelle du monde, celle qui devrait couler de soi m'apparaît comme un oasis.

Je découds puis reprends des coutures ah et aussi je rapièce oh et je rehausse même de fioritures, ces jolis trucs qui rendent spéciale la personnalité... Même si le fil rompt de temps à autres, même s'il y a mille détails cruciaux,

j'aime bien coudre.

mercredi 28 novembre 2007

Qui est aux commandes?

Travail travail travail
L'excellence... Des bonnes notes... Des bonnes performances

L'esprit l'esprit l'esprit
Faut toujours qu'il ait raison.
Tu y crois pas? qu'il me dit, Bah j'vais t'y faire croire!

Dors moins dors moins dors moins c'est du temps perdu
Travaille plus travaille plus travaille plus hausse ta productivité!
Quand l'esprit dicte la conduite, il s'emballe...
Et tout devient flou...
On se dit que ça prouve qu'on va vite...

Jusqu'à frapper le mur.

Jusqu'à ce que le corps se rebelle en assenant un coup d'état au dictateur.

Tu voulais pas prendre le temps de te reposer?
J'vais t'y obliger, rétorque le corps.
En coupant le courant aux jambes.
T'auras pas le choix! pousse-t-il, à bout de souffle.

dimanche 21 octobre 2007

Je les regarde regarder

Je les regarde me regarder. Toutes les personnes autour de moi.
En interaction. Ils tournent leurs yeux vers moi. En conversation. En parenthèse d'interaction.
Puis.
Puis.
En dehors de la parenthèse? D'autres individus.
De mes interactants les extérieuractants extractent de derrière leurs visages des traces. D'autres traces que celles qu'ils me montrent. Au mieux me laissent voir.
Game? Fake? Rétractation. Faux pas déjà commis. Je t'ai regardé les regarder.
Toutes ces personnes qui désespèrent de faire croire à un reflet d'eux-même.
Ne me cachez pas qui vous êtes. Tu es celui qui transparaît dans le regard que tu poses sur les autres quand tu te crois à l'abri.