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lundi 20 octobre 2008

Sans censure

{Ça sort des boules-à-mites, et c'est loin d'être la version originale et intégrale, mais c'est ce que sa voix m'a inspiré.}

Un accès libre à ses pensées, c'est ce qu'il m'a offert de plus précieux. Ce moment, au beau milieu de la nuit. Deux coupes, une bouteille. Couvre-lit blanc. Les seules modulations sont celles de sa voix. Elle qui porte des idées de son esprit au mien. Elle qui se plaît à traîner. Elle qui étire les longueurs d'onde. Sans censure, il se prête au jeu. Il me laisse déambuler dans le labyrinthe de ses pensées, de ses humeurs. Comme si je flânais dans une librairie, je m'égare dans ses allées de souvenirs, de sentiments, de thèses et de foutaises. Qu'il projète sur cet écran blanc. Pur plaisir.



J'en veux encore. Le sommeil se dissipera avant que je ne m'engourdisse. J'en veux encore.

jeudi 2 octobre 2008

Pièces assorties

J'avais seulement envie qu'on me serre fort, si fort qu'il ne resterait plus de place pour les émotions futiles, mais aussi envie de le ressentir comme la concrétisation d'un désir, bref, j'avais envie qu'on désire me serrer. Faire des casse-tête, en foutre d'autres en l'air, collectionner mes pièces préférées et essayer de les coller ensemble... en vain. Décortiquer, découper les pièces puis tenter de créer son propre assemblage... bien sûr que non. Aucun intérêt, quelqu'un que je connaîtrais de fond en comble dès le départ, je veux les papillons de découvrir, de ne pas savoir, de lancer des idées et d'attendre la réaction, quelle qu'elle soit. La griserie des discussions, les frissons des effleurements, l'attente, dévorante, des premières cajoleries. Et surtout, s'enlacer inlassablement.
J'aurais voulu trouver du réconfort dans des yeux tout près. C'est complètement absurde, mais c'est prisonnière de mon lit et de la fièvre que j'aurais aimé avoir quelqu'un à mes côtés. C'était une des premières fois depuis des mois. Absurde... Ça passera.

samedi 5 juillet 2008

Une partition de cacophonie

Mes jambes en réparation, mon cœur en quarantaine, je me sens en convalescence.

Des centaines de lucioles, un firmament de lucioles. Croire être une étoile parmi elles, elles qui miroitent comme des notes sur des portées. Plutôt que sur le sol, plutôt que dans le vide, s'évanouir dans la cacophonie que vous dessinez.

Une clôture esseulée. Qui s'étend d'une orée à l'autre, qui sépare un champ d'un autre pareil. Qui me retient d'un côté plutôt que de l'autre. Qui perd tout son sens en essayant de tracer une courte limite entre deux espaces identiques.

mercredi 18 juin 2008

Yeux d'araignée

Des cils comme autant de pattes d'araignées. Ce regard de sorcière, dès qu'il vous piquait, vous saviez qu'il était venimeux. Même de toute sa sombre splendeur, son sourire était celui d'une gamine, qui ne savait que faire de ses incisives de vampire.

lundi 26 mai 2008

Parfaiteté

No matter what happens now, you shouldn't be afraid. Because I know : Today has been the most perfect day I have ever seen.

Ce bout de chanson m'est resté coincé entre les oreilles pendant que je travaillais ce soir.

La perfection... Le jour le plus parfait que j'aie vu. C'est un faux-sens : il ne peut y avoir de hiérarchie dans la perfection, il ne peut y avoir de meilleurs parmi les parfaits. Ils sont tous à égalité dans leur perfection, ils n'ont déjà aucun défaut, aucune lacune, on ne peut forcer un classement de plus.

La perfection n'existe pas. Peut-être sur des facettes, mais encore. Parce que les désirs peuvent être divergents... Un exemple tout bête : si quelqu'un a envie de bouffe thaïe et mexicaine à la fois, on pourrait certainement combiner les deux éléments dans une assiette, mais leur agencement serait loin d'être parfait...

Même si on parvenait à réunir tout ce qu'on veut, la perfection resterait encore hors de portée.

La parfaiteté. La perfection ébréchée.

mercredi 7 mai 2008

Où se cache-t-il?

Dites-moi, étais-je somnambule quand je l'ai enterré? Existe-t-il une carte pour témoigner de son existence? A-t-il fondu au soleil, ou alors s'est-il fracassé? Peut-être est-il en fragments irréconciliables, comme du verre éclaté? Où se cache mon cœur? Je n'en sens plus les tremblements de chair.

Les relations se heurtent à une bulle de verre. J'ai gardé quelques personnes autour de moi, tandis que les autres n'arrivent pas à m'atteindre. Au mieux je me désole de cette absence de sentiments, au pire je reste de glace. Et s'il m'arrive d'être troublée, c'est de ne pas savoir quoi en faire.

Ah et aussi bien me détacher de mon détachement.

dimanche 4 mai 2008

Sois

À force de se faire charmant, on oublie comment être.

Avoir des attentes, c'est s'exposer aux déceptions.
Mais ne pas en avoir du tout signifie qu'on accepte tout sans rechigner.

Je croyais aussi qu'une attirance ne pouvait qu'être réciproque, mais me suis gourée.
Et j'essaie de trouver quand j'ai renvoyé cette perception.

Dis, si on sait plus trop comment être simplement soi, est-ce que c'est à cause qu'on est compliqué?

mercredi 16 avril 2008

Légèreté

Un de ces sourires dont on se souvient encore après des siècles.

Ses traits imprégnés de quiétude.

Et la lenteur, cette éternelle. Qui étirait le temps, à croire qu'il se serait engourdi.


C'était la première fois que je le voyais léger.

J'avais oublié que le soleil continuait sa course, jusqu'à ce qu'il pointe au loin.

vendredi 14 mars 2008

Perdre le sens

Dans ma tête, des mots défilent.

Il y avait mes mots préférés.
Ceux qui portent en leurs symboles des bribes de mémoire.
Eux qui ont déjà rimé avec vivacité, douceur ou réconfort, ils sont devenus trop lourds de sens. Leurs liens avec le passé me tiraient vers des sentiments révolus chaque fois qu'ils traversaient mon esprit.
Puis, au fur et à mesure que les horloges égrenaient leurs tic-tac, ces mots rattachés à lui pâlissent, perdent leur sens. Ils ne me projettent plus subitement dans des vestiges. De plus en plus blafards, les liens s'amenuisent. Leur emprise s'affaiblit de sorte qu'ils peuvent maintenant seulement effleurer mes pensées sans les accabler. Et c'est alors que s'esquisse, de temps à autres, un vague sourire, mû par des reliques d'un nous.

Calme ou vide des mots, quoi qu'il soit, il apaise.
Puisse la langueur, qui ralentit mes mouvements, ainsi s'estomper.

mardi 11 mars 2008

Anodin

Les petits gestes. Les anodins. Les quotidiens.

Comment peuvent-ils autant nous raccrocher à la réalité?
Comment peuvent-ils être ceux qui déchirent le plus?

L'huile qui coule entre mes doigts quand j'enlève le mascara.

L'eau glacée sur le visage.

La percussion des touches de mon clavier.

Autant ils sont la preuve que la vie suit son cours, autant ils me semblent

vains

vides

fades



Je ne veux voir personne.

Je ne veux parler à personne.

Et si j'arrêtais de poser ces gestes, et si j'arrêtais le cours de ma vie,
pourrais-je
alors
figer
le mal?

samedi 16 février 2008

Frivolités!

Je pourrais dire un tas de trucs frivoles sur mon compte. Par contre, pour ce qui est de rendre ça intéressant... Ah et je crois que l'épidémie prouve bien qu'entre blogueurs, on aime bien se faire courir après!

Règlements :

* Mettre le lien de la personne qui vous tag;
* Mettre les règlements sur votre blog;
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées

Puisqu'il faut que je me jette à l'eau... Cet après-midi, j'ai paressé, enroulée dans une couverture tibétaine, en écoutant... Ella l'ensorcelée. Comme beaucoup, ça m'arrive d'écouter des films de Walt Disney, mais même fillette, je n'aimais pas une princesse en particulier: Aurore. Elle reçoit un mauvais sort quand elle n'est qu'un poupon. Soit. Et par après? Elle dort!!! C'est tout! Jusqu'à ce que le prince charmant, qui fait plus office de figurant de que vrai personnage avec un caractère propre, ne vienne la délivrer... que dis-je... l'embrasser. Encore là, le prince qui embrasse quelqu'un qui est dans le coma depuis 100 ans m'a l'air un tantinet louche... Ah ces princes charmants!

Autre fait inusité: je crois bien être une des rares personnes à pouvoir se vanter d'avoir fait des makis et des sushis avec sa grand-mère! En faisant abstraction des personnes asiatiques, cela va de soi. Le fait est qu'après avoir passé des heures à les préparer, nos mains sentaient tellement le vinaigre de riz que nous avions déjà beaucoup moins hâte de les déguster. Ils étaient tout de même délicieux! Pour poursuivre dans la veine culinaire, quand je cuisine seule, je chante et je danse. Là où ça se gâche, c'est que je chante plutôt mal... J'espère pour ma voisine que je n'enterre pas la musique.

Un aveu: c'est la quatrième fois que je lis Soie. Et chaque lecture est différente, m'apporte de nouveaux liens, de nouvelles réflexions. J'aime. Vraiment.

Pour la finale, tel un coup de gong, je vous annonce que, sur l'île de Montréal, il y a une rue à mon prénom (mon vrai), une rue à mon nom de famille oublié et un pont à mon nom de famille porté! M'y sens (presque) comme chez moi!


Ouf, c'est fait! La faute à Cerné d'avoir causé ce déluge de frivolités! Maintenant, ce sera au tour du JP d'Amérique, de Sophie, de SDADL, de Myriam et de l'Intense, en espérant que l'envie va lui prendre... Je sais, ils ne sont que cinq... Mais les autres que j'aurais pu taguer ont déjà été contaminés. Zut.

dimanche 6 janvier 2008

Mon faux silence

Allez savoir pourquoi, depuis deux semaines, je ne fais pas jouer de musique chez moi aussi souvent ( lire: dès que j'y étais) qu'à l'habitude. Je lis en silence, j'écris en silence.

En silence? Ce serait une imposture d'invoquer le silence à Montréal!

Bien sûr, il y a quelques bruits lointains de circulation, mais il était une heure de la nuit.
Bien sûr, j'habite dans une maison de 53 ans, construite des mains de mon grand-père. J'entends sa digestion, j'entends ses os craquer.

Mais à une heure de la nuit, c'était mon coeur qui faisait le plus de bruit.

Je savourais mes derniers jours de vacances. Je me prélassais sur mon douillet divan, bien emmitouflée, une légère lumière tombant de derrière mon épaule. Tisane pomme-cannelle pour me réchauffer dans une main, Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault pour me transporter dans l'autre.

Mes oreilles se remplissaient des bruits de ses mots. Tous leurs cliquetis, leurs ronronnements, leurs soupirs, leurs sanglots paisibles.

Et je me plaisais à devenir transparente et malléable, à me laisser porter par les vibrations de ces mots.

Et je m'étais à ce point incorporée à ce silence que lorsque je laissai échapper sans trop m'en apercevoir un gloussement étouffé, même pas un vrai éclat de rire, je me fis raidir moi-même d'avoir brisé cette atmosphère. Ce faux silence dans lequel je m'oubliais légèrement.

mercredi 5 décembre 2007

Liste de cadeau

Bonjour Père Noël!

Cette année, j'ai été sage; j'ai repensé ma vie, j'ai pris des grosses décisions, j'ai tout chambardé pour qu'une fois tout le superficiel détruit, il ne reste plus que moi.
J'ai fait de gros efforts. Et j'en fais encore. Je ne baisserai pas les bras.
Je suis peut-être comme un phénix, qui brûle complètement une fois au bout de ses forces pour ensuite renaître de ses cendres.
Cette année, j'ai été sage. J'aimerais recevoir un cadeau fantastique, celui auquel tout occidental rêve: du temps.
Donne-moi un peu de temps, il doit bien en avoir des surplus à l'entrepôt. M'en fiche s'il est presque périmé.
Comme ça j'aurais le temps de ne rien faire de productif... On se sent comment déjà?
J'aurais le temps d'écrire, j'ai des millions d'idées mais pas le temps de les coucher.

Salue la Mère Noël de ma part.

Lilith

jeudi 22 novembre 2007

Quand la fatigue me dévore

Quand la fatigue me dévore/Et mes épaules craignent le pire/Pourrais-tu me serrer fort et m'empêcher de sortir/Fait longtemps


Corps brusqué par le manque de sommeil.
Engourdi. Incohérent.

Saturée de fatigue, même la caféine ne peut plus rien pour moi.
Et chaque fois, chaque fois

Quand ce poids s'abat sur moi
Tout s'alourdit mais je m'en demande encore plus

Je dormirai plus tard
C'est parce que je rêve que je ne dors pas
Parce que c'est maintenant qu'il le faut

Encore et toujours, sans trop savoir par quel miracle
Mes neurones s'électrisent et produisent


Jusqu'à se laisser... dormir

C'est pour m'offrir l'avenir de mon choix que j'hypothèque mon présent.

Foutues fins de session.


mercredi 14 novembre 2007

L'obscurité m'éclaire

Deux mémos sur l'obscurité:
Dans la nuit, c'est loin des lampadaires qu'on voit le mieux.
Pour voir clairement, vaut mieux ne pas fixer le point d'intérêt, question d'éviter les chimères.

Ça tourne à une vitesse effarante
Je ne trouve pas mes repères
Désorientée

L'esprit embrouillé, j'applique un baume musical sur mes oreilles et mes jambes me portent dans l'air satiné de la nuit. À grands coups d'oxygène, je me revigore. Mes pieds martèlent la route de terre battue au rythme des vagues de notes, et mon esprit dérive. Loin des lumières aveuglément artificielles, je me fraye un chemin sous la voie lactée. De la riche terre se sont extraits des croissances de feuilles, de bois et d'écorce qui se déploient majestueusement de part et d'autre de mon itinéraire.
Pour calmer les pensées qui tourbillonnent vertigineusement en moi, je me baigne dans cette simplicité, j'inspire et je m'inspire de ce naturel qui coule de soi, dans un ensemble paisiblement systémique...
Au dessus de moi, l'Immensité, celle qui semble immuable, celle qui est trompeuse...
Au dessus de toi, l'Immensité, celle qui offre ses étoiles aux marins en quête d'orientation...
Au dessus de nous, l'Immensité, celle qui fait miroiter des infinités de firmaments chatoyants...

mardi 30 octobre 2007

Le sable s'échappe

C'est comme du sable.
Qui glisse sur la peau.
Qui file entre les doigts.

C'est comme prendre une poignée de sable.
On sent le poids, mais alors qu'on referme son emprise, il devient impalpable.
Et s'écoule. Et s'échappe.

C'est comme essayer de ralentir un sablier.
Le vouloir très fort.

C'est comme regarder chaque minuscule grain tomber.
Ça ne se peut pas. Ça va trop vite.

Ça ne se peut pas, ça va trop vite...

Est-ce qu'on peut altérer la gravité?
J'en veux plus, de minuscules grains de sable...

Je veux les voir, les minuscules grains de sable à venir...

Ceux-là, ceux à venir, tout comme ils sont impalpables, ils se dérobent à mes yeux.
Je sens pourtant leur poids.
Le poids des innombrables minuscules grains de sable.

lundi 29 octobre 2007

Dis-moi le encore

~Explore ma mémoire~

Quelques mots...

Ou plutôt leur sens, ce qu'ils impliquent

Ça me manque

Est-ce que tu le penses encore?

Les semaines ont-elles érodé ta perception?

Tu me murmurais que tu ne te lasserais jamais de m'offrir ces mots,
que tes yeux n'oublieraient jamais de s'y attarder.

Et pourtant...

Tu ne me dis déjà plus que tu me trouves belle.

~Ferme la fenêtre~




-Suite rajoutée une heure plus tard-

Je me promène sur Fleury, question de prendre l'air. Devant un resto chic, un homme dans la trentaine d'origine latine m'accoste, une cigarette à la main. j'enlève mes écouteurs:
-Désolée, je n'ai pas de feu
-Ah mais non, ce n'est pas ça!
-air intrigué
-Qu'est-ce qu'une belle fille comme vous fait seule dans les rues le soir? (dit poliment)
-J'aime bien être seule de temps en temps (avec un sourire en coin)
-J'ai une fille plus jeune que vous, vous avez quel âge? Ah oui, quelques années de moins. Aussi belle que vous.
-Merci bien, c'est gentil... Bonne soirée!