{Ça sort des boules-à-mites, et c'est loin d'être la version originale et intégrale, mais c'est ce que sa voix m'a inspiré.}
Un accès libre à ses pensées, c'est ce qu'il m'a offert de plus précieux. Ce moment, au beau milieu de la nuit. Deux coupes, une bouteille. Couvre-lit blanc. Les seules modulations sont celles de sa voix. Elle qui porte des idées de son esprit au mien. Elle qui se plaît à traîner. Elle qui étire les longueurs d'onde. Sans censure, il se prête au jeu. Il me laisse déambuler dans le labyrinthe de ses pensées, de ses humeurs. Comme si je flânais dans une librairie, je m'égare dans ses allées de souvenirs, de sentiments, de thèses et de foutaises. Qu'il projète sur cet écran blanc. Pur plaisir.
J'en veux encore. Le sommeil se dissipera avant que je ne m'engourdisse. J'en veux encore.
lundi 20 octobre 2008
mardi 14 octobre 2008
Marées
La gravité croissante, décroissante, croissante. Un pendule, un compte-à-rebours.
La gravité fluctuante. De l'air pesant, pesant sur les épaules.
La gravité hypnotisante. Les pensées et la chair en suspension dans les airs.
Se balancer sans calculer le temps, juste se balancer. Tenter de simuler l'apesanteur. Éliminer le poids de l'air et le stimulus de la lumière. Juste se balancer dans la pénombre.
Il me l'a dévoilé un peu avant qu'on se rende au spectacle, hier soir, [karkwa]. Sur le coin de la rue, en marchant, une bouteille de rouge à la main, un chat dans la gorge. Il a décidé de s'isoler pour trois semaines, un purgatoire, un pèlerinage sur place. Il m'a dit : C'est ma dernière soirée en liberté. Je suis à bout de souffle. Je rentre demain après-midi. Coupé de tout. Seul au monde, on se retrouve seul avec soi-même... C'est pas évident, pour certains. Comme lui. Lui. Sois là quand je sortirai. Je ne sais pas comment. Il appréhende de tourner comme un lion en cage, auparavant il se démène dans sa cage thoracique. Compression et dépression. J'ai voulu le serrer si fort qu'il trouvera désormais toujours le moyen de se tenir debout, si fort qu'il n'oubliera jamais que je suis avec lui, même quand je ne peux pas le lui dire. Et des projets, des centaines de projets, surtout.
Je me balançais et me renvoyais à une lourdeur et à une légèreté exacerbées. Il y a eu des marées dans mes yeux toute la journée. J'imagine, j'espère, qu'il se souvient des empreintes des personnes qui l'aiment et croient en lui, et surtout, j'espère qu'il est le premier à le faire.
Même des marées plein les yeux, au fond, je suis contente.
La gravité fluctuante. De l'air pesant, pesant sur les épaules.
La gravité hypnotisante. Les pensées et la chair en suspension dans les airs.
Se balancer sans calculer le temps, juste se balancer. Tenter de simuler l'apesanteur. Éliminer le poids de l'air et le stimulus de la lumière. Juste se balancer dans la pénombre.
Il me l'a dévoilé un peu avant qu'on se rende au spectacle, hier soir, [karkwa]. Sur le coin de la rue, en marchant, une bouteille de rouge à la main, un chat dans la gorge. Il a décidé de s'isoler pour trois semaines, un purgatoire, un pèlerinage sur place. Il m'a dit : C'est ma dernière soirée en liberté. Je suis à bout de souffle. Je rentre demain après-midi. Coupé de tout. Seul au monde, on se retrouve seul avec soi-même... C'est pas évident, pour certains. Comme lui. Lui. Sois là quand je sortirai. Je ne sais pas comment. Il appréhende de tourner comme un lion en cage, auparavant il se démène dans sa cage thoracique. Compression et dépression. J'ai voulu le serrer si fort qu'il trouvera désormais toujours le moyen de se tenir debout, si fort qu'il n'oubliera jamais que je suis avec lui, même quand je ne peux pas le lui dire. Et des projets, des centaines de projets, surtout.
Je me balançais et me renvoyais à une lourdeur et à une légèreté exacerbées. Il y a eu des marées dans mes yeux toute la journée. J'imagine, j'espère, qu'il se souvient des empreintes des personnes qui l'aiment et croient en lui, et surtout, j'espère qu'il est le premier à le faire.
Même des marées plein les yeux, au fond, je suis contente.
jeudi 2 octobre 2008
Pièces assorties
J'avais seulement envie qu'on me serre fort, si fort qu'il ne resterait plus de place pour les émotions futiles, mais aussi envie de le ressentir comme la concrétisation d'un désir, bref, j'avais envie qu'on désire me serrer. Faire des casse-tête, en foutre d'autres en l'air, collectionner mes pièces préférées et essayer de les coller ensemble... en vain. Décortiquer, découper les pièces puis tenter de créer son propre assemblage... bien sûr que non. Aucun intérêt, quelqu'un que je connaîtrais de fond en comble dès le départ, je veux les papillons de découvrir, de ne pas savoir, de lancer des idées et d'attendre la réaction, quelle qu'elle soit. La griserie des discussions, les frissons des effleurements, l'attente, dévorante, des premières cajoleries. Et surtout, s'enlacer inlassablement.
J'aurais voulu trouver du réconfort dans des yeux tout près. C'est complètement absurde, mais c'est prisonnière de mon lit et de la fièvre que j'aurais aimé avoir quelqu'un à mes côtés. C'était une des premières fois depuis des mois. Absurde... Ça passera.
J'aurais voulu trouver du réconfort dans des yeux tout près. C'est complètement absurde, mais c'est prisonnière de mon lit et de la fièvre que j'aurais aimé avoir quelqu'un à mes côtés. C'était une des premières fois depuis des mois. Absurde... Ça passera.
Libellés :
Fariboles de Noctambule,
Vague à l'âme
samedi 5 juillet 2008
Une partition de cacophonie
Mes jambes en réparation, mon cœur en quarantaine, je me sens en convalescence.
Des centaines de lucioles, un firmament de lucioles. Croire être une étoile parmi elles, elles qui miroitent comme des notes sur des portées. Plutôt que sur le sol, plutôt que dans le vide, s'évanouir dans la cacophonie que vous dessinez.
Une clôture esseulée. Qui s'étend d'une orée à l'autre, qui sépare un champ d'un autre pareil. Qui me retient d'un côté plutôt que de l'autre. Qui perd tout son sens en essayant de tracer une courte limite entre deux espaces identiques.
Des centaines de lucioles, un firmament de lucioles. Croire être une étoile parmi elles, elles qui miroitent comme des notes sur des portées. Plutôt que sur le sol, plutôt que dans le vide, s'évanouir dans la cacophonie que vous dessinez.
Une clôture esseulée. Qui s'étend d'une orée à l'autre, qui sépare un champ d'un autre pareil. Qui me retient d'un côté plutôt que de l'autre. Qui perd tout son sens en essayant de tracer une courte limite entre deux espaces identiques.
Libellés :
Fariboles de Noctambule,
L'Immensité
samedi 28 juin 2008
Modestie mal placée
Ce n'est que l'attrait de la nouveauté. Et elle ne détrônera jamais les classiques. Je suis très loin d'être classable dans leurs classiques.
Ce ne sont que des balles perdues. Qu'elles viennent de tireurs fous ou simplement de tueurs en série, ils pensent peut-être avoir bien visé mais ratent leur cible. Ces compliments ne sont inspirés que par une image, une impression fondée sur une poignée de minutes.
Ce n'est que dérisoire. Je ne sais pas comment les recevoir, c'est pourquoi ils se heurtent à une imperméabilité. Parce que j'ai peur de voir naître un orgueil mal placé, j'entretiens une modestie mal placée.
Ce ne sont que des balles perdues. Qu'elles viennent de tireurs fous ou simplement de tueurs en série, ils pensent peut-être avoir bien visé mais ratent leur cible. Ces compliments ne sont inspirés que par une image, une impression fondée sur une poignée de minutes.
Ce n'est que dérisoire. Je ne sais pas comment les recevoir, c'est pourquoi ils se heurtent à une imperméabilité. Parce que j'ai peur de voir naître un orgueil mal placé, j'entretiens une modestie mal placée.
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