mardi 15 janvier 2008

j'hésite

J'hésite...
Hier soir, j'ai écrit un message plutôt personnel, en ce sens qu'il racontait plus clairement que je ne le fais habituellement ma soirée, qui a plutôt foiré. Après l'avoir premièrement publié, je le retire. Et je me demande. Et j'hésite.

Jusqu'où vous sentez-vous à l'aise de décrire votre vie personnelle à des étrangers sur vos blogs?

vendredi 11 janvier 2008

La mitaine déchue et la personnification du non-vivant

Eh lectorat, je vous fais un formidable deux pour un!
Pour se mettre en appétit, une épopée montréalaise d'un p'tit bout de laine rose et crème...
J'ai une mitaine. Elle a une jumelle, et même un soeur tuque. L'une ne va pas sans l'autre, c'est un principe fondamental de leur vie. Et de la nôtre.
Un jour, je dépose innocemment et sans me douter du mal que je ferais mes deux mitaines de laine à mes pieds dans l'auto de mon copain pour malencontreusement les oublier là...
Quelques jours plus tard, de retour sur le lieu du crime, je fouille sous le banc du passager... Il est cependant trop tard, la fatalité s'est d'ores et déjà abattue sur les jumelles. Je n'en retrouve qu'une, esseulée, au bord du gouffre de la portière.
Je n'ai pas appelé les inspecteurs, je savais que l'autre était tombée et errait dans les rues grouillantes de malfrats de la grand'vile. J'ai voulu placarder sa photo et la faire imprimer sur les cartons de lait, mais je n'en avais pas. J'ai été réduite à photographier la survivante et inverser l'image virtuelle.

Quelques jours plus tard, alors que j'avais perdu tout espoir, je vis, au milieu de la rue devant mon appartement, la mitaine déchue! Avant qu'une cruelle automobile ne l'écrase d'un roulement de pneu d'hiver, je me précipitai sur cette asphalte invitant la mort et recueilli la disparue-et-retrouvée. Afin de me déculpabiliser, je lui promis de faire instaurer au moyen d'une pétition des panneaux pour sensibiliser les abjectes conducteurs: Attention à nos mitaines, ce pourrait être... la vôtre!

Trêve de divagations, voici une touche un tantinet plus sérieuse à ce message. Nous, humains, avec nos grands coeurs, avons tendance à prêter vie à l'inanimé. Comme moi et ma mitaine, bien que j'aie exagéré, ne vous en déplaise. Ce mécanisme se décline de manière souvent différente chez les hommes et chez les femmes. Du côté féminin, comme je viens de le prouver, il se manifeste chez des objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne, auxquels nous devenons peu à peu attachées. Moufles, peluches, breloques. Chez les hommes, surtout les «vrais de vrais mâles», on observe la capacité à prêter des intentions au non-vivant, consciemment ou non, volontairement ou non. Le gars qui cherche comment accéder à une rue et qui voit ça comme un défi que la ville lui lance. Dans ce cas, c'est que comique, j'ai bien ri! Par contre, y'a aussi d'autres styles, comme celui qui peste pendant des heures contre la météo. Expliquez-moi comment on peut éprouver autant de rancoeur envers le vent! Faut bien rire...

dimanche 6 janvier 2008

Mon faux silence

Allez savoir pourquoi, depuis deux semaines, je ne fais pas jouer de musique chez moi aussi souvent ( lire: dès que j'y étais) qu'à l'habitude. Je lis en silence, j'écris en silence.

En silence? Ce serait une imposture d'invoquer le silence à Montréal!

Bien sûr, il y a quelques bruits lointains de circulation, mais il était une heure de la nuit.
Bien sûr, j'habite dans une maison de 53 ans, construite des mains de mon grand-père. J'entends sa digestion, j'entends ses os craquer.

Mais à une heure de la nuit, c'était mon coeur qui faisait le plus de bruit.

Je savourais mes derniers jours de vacances. Je me prélassais sur mon douillet divan, bien emmitouflée, une légère lumière tombant de derrière mon épaule. Tisane pomme-cannelle pour me réchauffer dans une main, Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault pour me transporter dans l'autre.

Mes oreilles se remplissaient des bruits de ses mots. Tous leurs cliquetis, leurs ronronnements, leurs soupirs, leurs sanglots paisibles.

Et je me plaisais à devenir transparente et malléable, à me laisser porter par les vibrations de ces mots.

Et je m'étais à ce point incorporée à ce silence que lorsque je laissai échapper sans trop m'en apercevoir un gloussement étouffé, même pas un vrai éclat de rire, je me fis raidir moi-même d'avoir brisé cette atmosphère. Ce faux silence dans lequel je m'oubliais légèrement.

jeudi 3 janvier 2008

Blogs

Je trouvais ça un tantinet risible de mettre une liste des blogs que je lis étant donné que je viens d'arriver. Mais ce matin, ça ne me tentait pas de me laver les cheveux et dans ces cas-là, je trouve facilement des choses plus importantes à faire pour l'instant. D'habitude, c'est nettoyer mon appart ou faire mes travaux, mais mon appart était déjà impeccable et je n'ai pas encore commencé ma session... Alors je vous présente, avec beaucoup de modestie, les blogs que je lis régulièrement. Chacun a des points forts que j'apprécie.

Expiation

Expiation ce soir.

Ouff....

J'ai réfléchi. Décortiqué. Extrapolé. Je me suis même glissée dans les chaussures de trois personnages en un court laps de temps.

J'ai ressenti le désir traverser d'un corps à l'autre, d'une âme à l'autre. Comme si j'étais tout simplement sur le chemin entre les deux. Désir refoulé, désir en éclosion, désir en explosion, désir en attente inhumaine de consommation...

J'ai été transpercée par les remords. Ceux qui dévorent de l'intérieur, qui, au lieu de s'estomper avec le sablier d'une vie, ne font que durement se concrétiser, s'envenimer, nous empoisonner. Ceux dont le venin nous ronge inlassablement. Ceux dans lesquels on reste figés, passant de gélatine à ciment, et nous d'humain à statue à moule creux.

J'ai entendu le tic-tac. Tous ces subtils fracas qui ponctuent nos journées. Qui creusent la peau. Pour ceux qui se rendent jusqu'à la peau burinée.

Expiation: Châtiment, peine imposés par lesquels on répare une faute, un crime.

Lorsque mal a été commis, les excuses ne suffisent pas.